L’écouteuse de mots

L’ÉCOUTEUSE DE MOTS

Sa vie. Une quête. La quête improbable de ces lieux obscurs et sombres propices à la propagation de sons sourds et secrets , de ces chambres d’échos, caisses de résonance de mots morts et muets. Certaines parois peuvent à celle qui sait entendre offrir de véritables partitions où les voix humaines – par un phénomène de réverbération inconnu, s’affranchissent de la matière et jaillissent de la pierre, du béton et du fer. Elle collecte des bribes, bouts de conversations épars, fugaces syllabes, chapelets sonores sans queue ni tête, mots tronqués, paroles inachevées, phrases inattendues ou convenues.Elle est troublée par le velouté des labiales, perturbée par le cliquetis ocre des dentales, agressée par les pointes des sifflantes, émue par la caresse des suaves chuintantes. Elle recueille avec attention tout un nuancier sonore, un camaÏeu musical, une symphonie chromatique. Le même trajet, le même espace parcouru n’est jamais vaincu. Les sons agglomérés, amalgamés, soudain libérés ont une telle épaisseur opaque. Elle a tenté de rationaliser sa démarche, a dessiné une géographie des murs, une cartographie des sons. Rien de méthodique ne peut lui permettre de classer ces échappées imprévisibles qui soudain sonnent à ces tympans. Certains matériaux, elle l’a constaté, ont une porosité particulière et un degré d’absorption et de restitution exceptionnel.
Dans le quartier on la connaît bien. On s’est habitué à sa silhouette sans âge, à son air d’être toujours aux aguets, à son grand cabas. C’est surtout le filet à papillons qui déroute. Et ses lèvres en mouvement perpétuel. Elle va, rase les murs, indifférente aux regards. La récolte a été bonne aujourd’hui, les murs ont été généreux. Le sac est plein , il reste quelques mots pris dans les mailles du filet – ils viennent du mur de briques là-bas – un bavard celui-là quand il s’y met. Elle tentera tout à l’heure de mettre un peu d’ordre dans ces strates volubiles, de tisser des liens entre ces propos décousus, de retrouver l’ombre des voix qui se sont tues.



Les voix ne se taisent plus

Retrouver l’ombre des voix qui se sont tues – Mirage – Fragile mêlée – Fil ténu raccroché par une Minerve ensablée – Tu rampes vers le flou moiré de ton passé – Des ombres folles jaillissent en mille flaques – Tu ris – Sans pouvoir les rattraper  - Les voix ne se taisent plus – Souffles dépoussiérés des pollutions de l’immobile – Tu roules – Elles s’échappent   Les voix ne se taisent plus – Elles chantent – Muses ricanantes – A chacun de leur chant tu t’enfouis un peu plus – Jusqu’à l’épuisement –  Dans cette masse molle – Jusqu’à l’ultime râle – Le dernier murmure – Les voix ne se taisent plus -

D.L. (avec quelques usurpations à Nicole, Louis et Florence)  3 /11/ 2008 – Consigne de Jean-Jacques « F.M.R » du 27/10/08



Dans le couloir

 

 Un couloir. Des pas. Dans le couloir. Des centaines de pas. Lumière électrique. Blafarde. Des milliers de pas. En marche. Sous la voute en béton. En marche. Résonnent. Des milliers de pas. Carreaux fatigués sur les murs. En marche. Yeux cernés. Silhouettes délavées. En marche. Des milliers de pas. Avant. Arrière. Pressés. De côté. Petits talons. Comptés. Mesurés. Claquements. Souliers lents. Redoublés. Chassés. Glissés. Semelles crottées. Des milliers de pas. 

Elle, bottes plates, usées, fendillées. Pas irréguliers. Ses yeux à elle sur les chaussures des autres. Le regard habité par la marche. Son regard. Leurs marches. Des centaines. Des milliers de marches. Une gigantesque cacophonie de marches. Un seul regard. 

Son regard. Leurs marches. Et rien. Plus rien. La multitude, le chaos fondus dans le rien. Désert du rien. Silence absolu du rien. 

Elle s’arrête. Pour rien. A cause du rien. Une chaussure pointue écrase le bout de sa botte plate. « OOOhhh » s’écrie le pas qui s’éloigne en laissant traîner un fugitif « pardon ». Elle attend. Elle écoute. La salive emplit sa bouche. Derrière. Peut-être. 

La foule la traverse. Ballet tournoyant, grimaçant. Ca va trop vite. Ses yeux la piquent. Elle ne distingue plus. Tout. Trop vite. Elle attend. Derrière peut-être. 

Son corps projeté sur le mur. Le carreau froid. La tête contre le mur. Un regard. Contre le mur. A portée d’elle. Contre le mur. Un regard. Enfin. Le premier. Le dernier. Souriant. Figé. Placardé. Publicité. 

Ses yeux à elle. Son regard de papier. Elle sourit. A lui. Le dernier. Lui. Tout doucement, elle s’agenouille à ses pieds. Une fine coulée de sang l’accompagne dans sa chute. Le long du mur voûté. A côté des milliers de pas qui n’ont pas cessé. Elle, petit paquet discret, bottes repliées. Disparaît contre le mur voûté. Sur le mur. Le regard. Figé. Taché. 

 

Dominique Legenne, 2 novembre 2008 

(consigne de Véro l’ephémère) 



Ephémère

Ultime, multiples.

Multiples harmoniques, une station de gestes irisés, la croisée. Bientôt ingérés par la machine.

Gestation et vols, tiré en plein, à coup sûr.

Ultime jour, premières heures.

Carrefour, centre urbain, klaxons et gaz, les gens attendent, devant lui.

Feu piéton vert, des dizaines de vies. Traversée. Feu piétons rouge. Attendre à nouveau. Une vraie foire aux saisons.

Sortir de ce mur, de ce mutisme, licence licencié, partir zoner, tout un jour. Le dernier.

Convergence du temps en un point, feu, temps de sortir.

Il s’extirpe, s’arrache, membre après membre, doigt après doigt, ses premiers gestes de mutation : articuler l’inertie millénaire des pierres, celles qui l’ont porté.

Délivrance décoffrage, de l’air, des couleurs oxygénées.

L’homme autorisé, se dépoussière, souffle débarrasse ses manches des pollutions de l’immobile, salpêtre et autres moisissures.

Il aurait pu jaillir comme un ressort, expulsé par la pression, comme s’il n’avait attendu que ça, courir se jeter, dévorer les boulevards, les grands les petits, les femmes, les grandes, les petites, des yeux des pieds, fouler, les boutiques, les bars, les alcools, les jeux, courir, se jeter, sur. Il aurait pu mourir avant la fin.

Mais il avait pris son temps, celui qu’il n’avait pas, comme s’il avait toujours été là, adossé au mur, époussetant tranquillement ses épaules et ses manches, nimbé de certitudes, comme une auréole de sérénité. Et il s’était mis en marche.

Il avait vu tant de gens s’impatienter, les feux, le passage. Il finissait par connaître l’humanité, ces instants perdus, trépignés, les humains entre deux postures, deux attentes, deux faire, entre deux feux, eux qui n’en trimbalait plus beaucoup, qui n’aurait même plus fait plus la guerre pour lui.

Pendant toutes ces années, ils lui avaient transmis le port du corps, la dissimulation de l’âme. Il aurait pu leur souffler en échange la couleur des feux. Ces brindilles humaines, sûrement déjà en fumée, toutes bientôt. Avant, après, lui peu lui importait, il ne voulait pas avoir de poussière, cela trahirait son origine des plus vétustes. Et il n’aimait pas trahir.

Pleine ville, vieille europe, comme on dirait vieille canaille, ou vieux canasson. Plus personne pour parier sur elle mais tout le monde pour courir. Il ne connaissait que ça, cet angle de rues, ce carrefour, le monde entier passait ici. Capitale métropole. Cosmopolite.

Maintenant c’était son heure, échappement, l’heure de se lancer, le rideau déjà tombé, un gaz pour lui, l’homme minéral, l’homme échappé, longtemps enfoui sous les empires, face aux mouches, aux hommes et aux crachats, il était en visite en permission. Il partait zoner.

 



F M R

Tout d’abord je ne voulais pas…puis je me suis ravisé. Vous auriez préféré que je me taise, sans doute. Pour moi aussi, c’eût été plus confortable. Mais c’est stimulant de se lancer des défis. D’aller tâter ses limites. De prendre des forces pour aboutir là où l’on ne s’attend pas. Ainsi j’ai décidé de franchir le pas. Finalement, j’allais raconter. Tout dire. Ou du moins ce qu’il en restait… Ce qui du souvenir pouvait m’appartenir encore, sans rien avoir à inventer. Trop fatiguant, l’invention ! Ça vous échappe encore pire. Ça vous sort de la bouche et ça suit son chemin. Vous n’êtes plus capable d’en maîtriser le sens, d’en orienter la fin. Pas plus que de forcer la mémoire, certes, mais on peut parfois avoir aussi confiance en elle. Quand un déclic la fait s’ouvrir et que tous ces mots jaillissent, comme d’une boîte à musique. Il faut laisser couler ; fermez les yeux et que ça roule… Laissez-vous bercer par le flot, la ronde, la rengaine des manèges de foire, la course immobile des chevaux de bois… Mais voyez, déjà, j’anticipe. tout un destin à repriser , à reprendre morceau par morceau. Réduit à ces petits bouts décousus, à ces lambeaux de papiers collés, résistant à la déchirure, sur chaque mur de ses Berlin intimes…Presqu’ un siècle…une saison….une après-midi…une minute bien précise…une poignée de sable dans la main de l’ Eternité…Quelques secondes font basculer une vie, non ? Mais ce moment fatal, il arrive d’un seul coup. Le temps qu’on réalise et hop ! Tout se bouscule ! Plus rien n’est comme avant, comme hier, comme ce matin, comme tout à l’heure…Vous voilà un peu plus mortel, un peu moins riche d’avenir qu’à l’instant ! Le présent vous a dépassé. vous êtes traversé par le Temps. Oh, c’est imperceptible… mais quelque chose de vous se détache déjà. C’est pourquoi il serait utile de se munir toujours d’un…vous savez bien, quoi …comme un filet…un filet à papillons… pour capturer les phrases qui volent, Chronos qui vous vole, les petites miettes de vous qui tombent à votre insu dans les oubliettes du Passé. En vain… Peine perdue ! Qui peut résister? Ne joignez pas l’inutile au désagréable… laissez – vous aller doucement, imperceptiblement, insidieusement… et devenez mystère, chimère, éphémère dans la grande cosmogonie de tout ce qui vient d’exister.   



Atelier danse-écriture

C’est l’histoire d’une rencontre, une rencontre entre deux langages: le verbe et le geste.

 

Christine Rodès parle du travail du chorégraphe Georges Appaix qui jongle entre ces deux matières: «  Un art du fragment qui joue de la liaison par exclamation et brouillage plutôt que par discours et récit. Des pièces qui filent entre l’air et la matière (…). Une grammaire toute en ponctuation, moins déterminante que variable, et une langue qui ne sépare pas les élans du coeur et les non-dits, les malentendus et les éclairs d’intuition. La langue des hommes, avec un peu de cris de la fée… »

 

Pour cette séance, nous allons faire le chemin à l’envers: partir de la rencontre pour revenir au moment qui le précède, celui de l’attente.

 

  1. Préliminaire: mise en corps et mots

au sol, respiration, visualisation de votre corps. Imaginer votre corps comme déposé sur le sable, visualiser les traces qu’il laisse sur le sol. Imaginer un voile qui le recouvre, les parties en contact avec ce voile, et les autres.

Se lever le plus lentement possible.

Déplacement. Une personne du groupe s’arrête, les autres s’arrêtent en même temps, idem pour la remise en marche.

Par deux, dialogue de geste: un après l’autre, le geste de l’autre répond au premier…

Par deux, une personne fait des gestes et l’autre commente ce qu’il voit. (comme un commentateur sportif)

 

  1. La rencontre

Argument (à ne pas dire):CHOREGRAPHIE ADAPTATION D’UN TEXTE QUI PERMET UNE AUTRE PRODUCTION DE TEXTE

C’est une rencontre extraordinaire, un peu à la Godot, il y a un texte qu’un chorégraphe a mis en geste, une réécriture, une relecture par le corps et le geste. C’est le début d’une chorégraphie d’Angelin Preljocaj où deux individus se rencontrent.

Diffusion du début la pièce.

Pour la séance de lundi , zapper la partie écriture de la rencontre ci-dessous mais montrer la chorégraphie à faire si séance dure 3 heures. Faire inscrire les images marquantes que les spectateurs: sentiment, atmosphère, références, paroles…

 

Consigne d’écriture:Vous écrivez le récit de cette rencontre. de quel type de rencontre s’agit-il? qui sont-ils? où sont-ils? S’attendaient-ils? se connaissaient-ils? que perçoivent-ils? que pensent-ils? que se disent-ils?

Lecture des textes

 

Texte de départ « l’Annonciation »: Luc, 1,24-46

Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée du nom de Nazareth,

à une jeune fille accordée en mariage à un homme nommé Joseph, de la famille de David ; cette jeune fille s’appelait Marie. L’ange entra auprès d’elle et lui dit : « Sois joyeuse, toi qui as la faveur de Dieu, le Seigneur est avec toi. »A ces mots, elle fut très troublée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas être enceinte, tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père;il régnera pour toujours sur la famille de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »Marie dit à l’ange : « Comment cela se fera-t-il puisque je n’ai pas de relations conjugales ? »L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint et sera appelé Fils de Dieu. Et voici que Elisabeth, ta parente, est elle aussi enceinte d’un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, elle qu’on appelait la stérile,car rien n’est impossible à Dieu. »Marie dit alors : « Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit ! » Et l’ange la quitta.

 

 

  1. L’attente

LE TEXTE COMME SUPPORT DE LA CREATION CHOREGRAPHIQUE

Vous avez vu une rencontre entre deux personnes. Imaginez l’instant qui précède une rencontre d’un individu et un autre (personne, objet, quelque chose de plus abstrait), imaginez le moment de l’attente, le moment où une personne encore seule s’apprête à venir ce moment particulier : qui ou qu’attend-elle? que pense-t-elle? que fait-elle?

Ecrivez une chorégraphie de ce moment en 6 à 8 lignes: indication à un futur interprète de ce moment: un récit ponctué de gestes, d’expressions (non verbales), d’images.

Lecture de ces textes, le donner à un interprète.

Mettre en mouvement la chorégraphie (sans parole), ce n’est du mime, trouver l’essence du texte et le mettre en geste, du plus au moins figuratif.

 

RENCONTRE VOIX ET CORPS

Lecture conjointe de la chorégraphie et du texte par l’auteur, l’auteur ne regardera pas l’interprète, mettre la danse et le texte au même niveau: l’un ne doit pas montrer qu’il attend l’autre.

 

 



Si c’est pas malheureux !

Si c’est pas malheureux !
Regardez ce que je suis devenue ! Moi dont le bleu Roy éclatant me distinguait entre toutes, je ne suis plus qu’un bout de tissu synthétique gris sale effiloché.
Oh je suis encore solide pourtant. Ça, on ne peut pas me le reprocher. Et je n’ai jamais failli à ma tâche. Jamais ! Ah ça non ! je n’ai rien à me reprocher, moi ! Que la vie est injuste, Dieu que la vie est injuste.
Et je ressasse et je ressasse. Je sais bien que ça ne sert à rien. Mais que puis-je faire d’autre, hein ? Qu’est-ce que je peux faire maintenant, roulée en boule dans ce coffre crasseux, dans le noir, la puanteur de l’essence, le vacarme du moteur, les cahots ? Rien ! Rien à faire du tout. Jamais rien.
Une seule fois, il y a très longtemps, on m’a sortie de ce trou. Combien de temps… impossible de le savoir. Ici, je suis privée de toute capacité de mesurer la durée. Face à l’infini de mon ennui, le temps a renoncé à s’écouler.
C’était vers le début de ma disgrâce. Une main m’a saisie au fond du coffre, et la lame d’un canif m’a tranchée en deux. Je me suis retrouvée nouée solidement à quelque chose de métallique et poussiéreux, de part et d’autre du toit de la voiture. Un vieux canapé je crois, ou quelque autre détritus.
Je vous laisse imaginer combien j’étais mortifiée !
Oh ce n’était pas tant la blessure physique. Ça encore, je pouvais  supporter. Je suis forte. Mais cet emploi ! Charrier des saletés de  grenier. Moi ! Que c’est dégradant !
Ah j’étais bien ignorante encore. Je ne savais pas combien plus dégradant encore c’est de ne rien faire du tout.
Je ne savais pas.
Il faut dire que j’avais été conçue pour un tout autre destin.
Tissée serrée, dans un nylon de la meilleure qualité, avec des machines à la pointe de la technologie, “Made in France”, je coûtais cher et je le valais bien.
La preuve, je n’étais pas restée très longtemps dans le magasin.
C’est un champion d’escalade qui m’avait achetée, moi, quelques cordes, et des mousquetons. Avec cet homme extraordinaire, nous étions devenus amis tout de suite. Il faut dire qu’il y avait de quoi. Il prenait grand soin de nous. Tous les dimanches, s’il faisait beau temps, il nous emmenait dans les endroits les plus sauvages, les plus paradisiaques. Parois rocheuses, falaises de granit, montagnes escarpées… partout et toujours au grand air. Il nous confiait chaque fois sa vie sans hésitation. Simplement.
Nous, conscients de cette responsabilité, nous le portions de toutes nos fibres, avec sérieux. Loyalement. Nous étions fiers. Et nos étions heureux. Le soir, il nous repliait méticuleusement. Avec douceur, avec reconnaissance. Et il nous parlait aussi. De ses projets, de sa passion, l’escalade, de la nature…
Ce temps béni n’a pas duré. Un jour, notre ami nous a expliqué qu’il était obligé de se séparer de nous. Il nous disait qu’il était vraiment désolé. Que grâce à nous, il avait gagné de plus en plus de compétitions, et qu’un sponsor l’avait contacté. Un offre qu’il ne pouvait pas refuser. Il devrait utiliser le matériel d’escalade qu’on lui fournirait…  Comment lui en vouloir?  On entendait dans sa voix que les larmes n’étaient pas loin.
Nous laisser enfermés dans un placard ? Du matériel presque neuf… ce serait vraiment du gâchis. Non ! il y avait trop de falaises à escalader, trop de vies à sauver.
Il nous offrit à un groupe de scouts, nous souhaitant bonne chance et belle vie. J’étais triste de quitter mon ami, mais heureuse de me rendre utile, surtout en initiant des enfants débordants d’enthousiasme aux joies de la grimpe.
Bien sûr, nous étions moins bien entretenus et notre aspect extérieur s’en ressentit rapidement. Mais pas notre fiabilité. Pas de doute là-dessus : nous n’étions pas de la camelote.
Je ne suis pas snob. Je peux dire que j’ai passé là de belles années. Jusqu’à ce jour de malheur.
La gamine était obèse. Nous étions plusieurs sangles et baudriers au fond du sac, à attendre notre tour. Petit à petit, chacun prenait sa place autour de la taille d’un enfant. Le sac se vidait, il n’y avait plus dedans que moi et  deux ou trois autres sangles. Il ne restait plus que cette gamine à équiper. On lui avait essayé un à un tous les baudriers du sac. Aucun n’était assez grand pour ses cuisses et sa bedaine. On me sortit du sac en dernier, simple sangle ceinture, mais très solide, et taille adulte. Les essayages avaient duré longtemps, les autres enfants étaient déjà loin, la gamine était rouge d’humiliation, l’animateur était excédé de tous ces essais infructueux. Enfin, moi, je faisais l’affaire. Ils poussèrent un soupir de soulagement.
Dans la précipitation, j’ai tout de suite senti qu’il m’attachait de travers. Ah, si j’avais pu le lui crier !
En une seconde, sans que je puisse rien y faire, la gosse s’élançait dans le vide, avec pour seule sécurité moi autour de sa taille. C’est alors que l’irréparable s’est produit. Le noeud mal fichu se défait. La gamine tombait dans le vide. Je m’élance le long de sa main pour qu’elle s’accroche à moi. Elle a du réflexe. Elle m’attrape par le bout et se met à hurler au secours. On la hisse in extremis. Elle en sort indemne, quitte pour une grosse frayeur et quelques égratignures d’amour propre.
Mais pour moi, tout était fini.
Qui a reconnu que je lui avais sauvé la vie, que la faute était à l’animateur négligent ? Personne bien sûr. Trop contents de rejeter la responsabilité sur qui ne pouvait se défendre. Je n’ai plus porté le moindre débutant, plus approché la moindre paroi, plus senti le moindre souffle du vent de la liberté.
On m’a bannie, on m’a jetée. Un vugaire morceau de sangle crasseux oublié au fond de la malle d’une bagnole. Voilà ce que je suis devenue.
Si c’est pas malheureux!



Mets ta lepse…

Mets ta lep, se dit le lascard, sois prudent, il n’est jamais trop tard.Ailleurs dans le brouillard, marchant vers son hangar, le guitariste de Métal Epse, avançait au hasard, car il ne savait pas exactement quelle gamme adopter, sur quel registre au juste jouer, il a bien trop souvent spéculé avec la réalité pour maintenant en appréhender le texte originel (Où se situer, où se situe Hey, ou ceci tu es, ou ceux si tu es tu , où se situait « tu »?).

Tard dans la nuit on l’admet à Lepse ( Linguisto-events potential search).
C’est une urgence, une résurgence même.
Dans la nuit les portes des hôpitaux claquent, des chariots brisent l’obscurité, les blouses ensanglantées des méta-laids-psy soupèsent les blessures provoquées par les effarements du réel et les maîtres verbatiles recousent les silences amputés.
Il y a des fils sur les lèvres charnues des mots rouges, vifs et tuméfiés.
L’impérialisme du non-sens a brûlé de ses vapeurs pyromaniaques les visages des enfants tant convoités.
Ça pue, ça pue l’ordure et la douleur.
Enfonce dans ma chair ta seringue, fais couler dans mes canaux morts desséchés le fluide métaleptique, revigorant trip organique.
Hey pleure aux barreaux de son lit, l’odeur du métal n’a pas le goût de sa musique.
Il accroche la blouse d’une Auxi-mort au sourire d’archange pornographique. Ses irrationnels bombages arrondis dévastent le champ de vision de Hey qui verse des larmes de rage pure sur les mules au décolleté indécent de la fille.
« Lèche-moi, lèche-moi, là juste entre les doigts, gémit-il avec ce soubresaut fantasque qu’il a dans la voix et qui fait mouiller les filles.
L’auxi-mort appose sa bouche de mamelon gonflé sur la main droite aux longs ongles courbes. Et dans une langue parfaitement chatiée, elle enrobe les maux doux et houleux qui bousculent Hey dans le plus profond des tréfonds de ses gammes originelles.
Encore il pleure et pleure encore. L’auxi-mort maintenant a laissé les doigts pour travailler le corps. Elle aime la tension , le muscle sous la peau, elle entend gargouiller la guitare sauvage en larsens furieux, elle suce au creux de la hanche l’ange déjanté, elle enjolive de ses encouragements l’homme en proie avec lui-même « Mets ta Phore, glisse-la entre mes cuisses, susurre-t-elle à Hey qui éjacule fermement son métal épileptique en une linguistérotique prise de sens ; la pulpeuse Auxi-mort laisse échapper quelques logatomes avant de s’évaporer dans les blanches circonvolutions de la construction sonore. Hey pense « La prochaine fois mon vieux, met ton nymie, ça durera un peu plus longtemps… ». Le tautogramme tatoué sur ses pectoraux tape un tempo staccato . Hey se sent soudain vaseux, pris de verbigération.
- Oh please, laisse couler le riff dans mes vers, supplie-t-il, laisse brûler la prose dans mes silences, hurle Hey nu, dans les couloirs angoissés qui s’interrogent, mais pourquoi l’admettent-ils à Lepse?
Des Pro-Lepses se pâment dans le pâle labyrinthe du Linguisto-events potential search. Le guitariste de Métal-Epse sort ses prémunitions. Un type à la toison colérique l’interpelle du bout de ses yeux de chat, moqueur : « Wèï, mais dis donc, mais t’as l’epse, wèï là ou quoi? » . Hey méprise cette apostrophe zwanzeuse, il n’a plus l’âme à ça…

Dehors le temps a cessé de couler, les toits des entrepôts morts, immobiles comme des gisants, s’encanaillent dans la lueur laiteuse de la lune, elle aussi, nue.
Assis au bord du hangar, le lascar attend son rencard.
Il ne sait pas qu’il est trop tard, Métal-Epse est mort ce soir. Hey, définitivement interné dans un institut grammatico-stylistique, ne peut plus échapper au fétichisme machiavélique du chant sémantique. On a de l’oreille ou on en a pas…

 

 




Place

Il avait sa place. Une place sur le banc qui faisait face à la place du marché. Pour réparer les outrages des désordres de sa vie, il s’y était d’abord astreint, il s’était obligé, fait violence.
Chaque jour et aussi les jours suivants posé son cul à la même place sur le même banc de cette même place.
C’était ça ou la mort. L’ultime moyen de se réconcilier avec le monde c’était d’en faire partie intégralement. Certains jours, il se tenait tellement immobile que les pigeons lui grimpaient sur les genoux ou lui chiaient sur les épaules. Cela le rassurait. Il savait qu’il fallait souffrir pour regagner l’espace perdu. Il s’était tellement et si profondément égaré autrefois, avec ces idées dans sa tête qui tournaient si souvent et sans s’arrêter. Elles l’avaient saisi peu à peu dans leur tourbillon et il avait progressivement perdu sa place. Les gens avaient commencé à lui adresser des signes, des appels de phares, les gens lui firent mêmes des gestes codés, ils le regardaient avec des regards secrets, lui donnaient des mots aux sens cachés, ou cryptés.
Alors il avait commencé à comprendre que quelque chose ou quelqu’un voulait lui prendre sa place.
Mais il ne comprenait pas qui s’attaquait à lui aussi mystérieusement.

D’abord, il était resté enfermé chez lui pour occuper ce terrain là. Vaillamment il avait tenu le lieu, avec du café, des biscottes, des cigarettes et des réussites. D’abord, il avait eu un profond sentiment de victoire sur cet insidieux ennemi qui cherchait à le renverser, à l’expulser hors de, out. Mais progressivement la cafetière l’avait repoussé, ses cigarettes voyaient s’approcher la flamme vacillante de son briquet avec horreur, il devait faire un effort surhumain pour aller jusqu’au bout et finalement aspirer goulûment une taffe de fumée à l’amer goût de meurtre. Sa tasse vide, au fond de laquelle reposait un gros iris brun, le fixait avec une telle indécence qu’il avait fini par la retourner, se refusant à diluer ce regard obsessionnel sous le jet du robinet, incapable de passer l’éponge sur la trace de café séché que léchait avidement l’orbite blanc de la porcelaine. Les biscottes s’effritaient en miettes aigres et piquantes, laissant sourdre une telle douleur, qu’il les mit à tremper avant de les avaler sans les mâcher, en les laissant glisser le long de sa gorge au risque de s’étouffer. Mais ne valait-il pas mieux s’étouffer que de sentir, sous la pression de ses dents, s’épancher, des pores de la mie mouillée, le tiède liquide qui s’écoulerait alors le long de ses gencives, noyant sa bouche jusqu’au dégoût? Ses mâchoires, au fil des jours, devinrent lourdes et douloureuses, boulonnées d’effroyables culpabilités. Bientôt il ne mangea plus pour ne plus risquer d’être redevable de quelque chose. Il devait formellement s’abstenir de tout geste susceptible de provoquer la perte de sa place. Il était impératif d’agréer l’environnement auquel il résistait s’il ne voulait pas être absorbé.

Pendant plusieurs nuits, il ne dormit plus, il compta les boutons de rose jaunis du papier peint, mur gauche, couché en chien de fusil, les mains glissées entre ses cuisses. Ainsi il sentait le corps que son matelas lui dessinait et ses deux mains strictement serrées l’une contre l’autre, jointes dans la chaleur de ses cuisses. Parfois il s’endormait, mais il était vite réveillé par d’abjectes visions: les fleurs l’enveloppaient, les murs fanés s’écaillaient, laissant tomber leurs petites croûtes de peinture bleue roi sur les arabesques du tapis, un singe grimaçant s’agrippait à son dos dans un sourire furieux…
Longtemps, il pleura. Il pense qu’il pleura un mois ou deux aussi peut-être. Il ne se levait plus sauf pour uriner car l’eau seule conservait sa douceur matricielle . Normal, elle s’était déjà depuis toujours installée en lui, c’est pourquoi.
Un jour de cette durée quelqu’un tapa au bois de sa porte. Il eut peur, violemment peur. Une peur viscérale, la traque d’un animal surpris au canon d’un chasseur, une paralysie boueuse, aussi sale et furieuse que les eaux de la rivière roulant les chairs de leur lit, après les grandes pluies. Il aurait bien aimé pouvoir crier non non non mais les sons lui avait été confisqués sans qu’il s’en fusse rendu compte.
Voilà, il commençait à devenir silence… On avait vraiment commencé les hostilités…

Brutalement il changea de tactique. Quel abruti il avait été, stupide et timoré, vouloir s’attacher les bonnes grâces de ses ennemis, évidemment que c’était ridicule, et non seulement ridicule, mais soyons honnête, pleutre et lâche. Il se leva dans une vacillante et infinie lenteur, s’attachant à chaque objet qui se levait à son passage pour soutenir sa marche valsée. La pièce s’accorda avec une subtile harmonie à son pas de danse. Il lui en fut un instant profondément reconnaissant. Cependant, il se ressaisit aussitôt car il savait que l’empathie est dangereuse et que la compassion est une arme à la perfidie redoutable Il nia tous les gestes de paix et de conciliation que lui accorda pourtant généreusement chaque objet de la pièce.
Glissant jusqu’au placard, il prit une boîte de conserve qu’il éventra avec difficulté. Le métal refusait de crever, ses doigts douloureux laissaient s’échapper le petit ouvre-boîte. Pourtant après une lutte de plusieurs minutes, le métal finit par lâcher, dans un souffle mou et nauséabond. Il découpa, charcuta et avala avidement le contenu sans aucune préparation. Il était désormais conscient qu’il devait lutter et non pas pactiser avec le. Celui qui. La chose dont. Le quoi. L’obscur mangeur de ma place. Il eut envie du goût du tabac. Exactement comme moi, à cet instant. Mais il ne le sait pas. Il enfonça son poing serré dans la boîte de métal aux bords martyrisés et il tapa dix, onze, douze fois avec dessus, sur, et, sa peau coupée saigna, fendue, déchirée, le jus des haricots, au commissures des plaies, pique. Il veut combattre. Son sang coule alors il sait qu’il existe toujours, il a encore une place, sa place, maintenant il sait que sa mission c’est de la retrouver. Il se souvient aussi du goût de l’alcool, il sait que si là de l’alcool descend le long de sa gorge dans son oesophage, la brûlure expulse de ses poumons l’air qui ne lui appartient plus exactement.
Il sait maintenant, il sait , il a compris, il comprend, il ouvre la fenêtre, ouvre la bouche ouvre la porte, il se gonfle à nouveau, il reprend ce qu’il avait laissé s’échapper, il absorbe et avale, il durcit le ton, jette ses yeux au plafond, mord le filtre de sa cigarette qu’il allume trois fois pour le plaisir de la douleur.
Il jette les cartes de la réussite par terre, il comprend ah ça oui il comprend même très bien, trop bien pourrait-on dire, qu’elles ont chercher à le posséder, à prendre sa place mais c’est fini, fini, fini..
Il change ses habits voilés par l’attente. Il lave son visage longtemps sous l’eau, laisse couler, l’eau, longtemps, le long, elle lui coule. Il essuie obstinément sa peau. Met ses chaussures, ouvre la porte, la clef mécanique, l’écho dans les couloirs . Descendre les escaliers. L’ascenseur c’est encore trop tôt, trop froid, trop petit trop étroit, trop dans la face des autres qui verront peut-être, ah bonjour ça va ? mais qui êtes-vous, le vous sans place, dans l’ascenseur ils seraient même capables de me marcher sans me voir dessus ou coller leurs yeux en moi et ne plus en sortir.
Les escaliers à la rampe solitaire, toujours caressée et puis lâchée, oubliée. Dehors, sortir, hors de, eject, go out, fire in the city, cryogénie mentale. Il rit sous cape, ils ont bien failli le niquer, lui niquer sa place. Le vent souffle chaud son haleine de chien, il traversa en tanguant la place, c’est normal, ce sont les dernières vagues du soir. Ils l’ont laissé, il est toujours là, arabesque de ferraille verte souillée d’inscriptions vulgaires et furax, percée de trous méthodiques, pour laisser couler la pluie -la pluie : tous les droits- quelques pigeons , mouettes des squares, palpitent l’oeil vide et nerveux, il s’assied, laissant couler son ombre à ses pieds, dans les premières obscurités dorés de ce soir d’été. Elle est là, sa place…



Atelier-google

Atelier expérimental
Monia, 19 mai 2008

Point de départ :
Je suis assez fascinée par les moteurs de recherche sur internet. Vous proposez un mot, une expression, et vous voilà en errance parmi des milliers de textes, de toutes sortes. Si votre requête était bien formulée, vous avez des chances de trouver ce que vous recherchiez, mais si vous ne saviez pas exactement ce que vous cherchiez, ou si vous ne saviez pas trop quels mots choisir, ou si ces mots sont un tant soit peu polysémiques… vous voilà voyageant au hasard entre mille textes improbables, ayant seulement entre eux en commun, les quelques mots de votre requête.
Vous avez tous fait l’expérience. On trouve de tout, sauf parfois ce qu’on était venu cherché. On s’égare, on s’attarde sur une belle découverte, on dévie, on oublie pourquoi on était venu.
Cette diversité des réponses à une même demande a quelque chose à voir avec la diversité des textes que produisent les participants d’un atelier d’écriture à partir d’une même proposition. Ça me laisse rêveuse, je sens qu’il y a quelque chose à en faire, quoi, je ne sais pas encore… je cherche, je me laisse rêver au sujet.
Et si je prenais la chose par l’autre bout de la lorgnette ?
Savez-vous que cette errance laisse des traces derrière elle ? Savez-vous que vos clics désordonnés n’échappent pas à certains observateurs?
Par exemple, si vous publiez un site internet, vous avez la possibilité de savoir d’où sont arrivés les internautes qui ont visité votre site, quels liens ils ont cliqués. Et s’ils sont arrivés par un moteur de recherche, quelle était leur requête… c’est parfois très instructif, et c’est parfois très surprenant. C’est souvent drôle, et ça laisse parfois rêveur.

Voici par exemple un petit échantillon des requêtes google qui ont mené sur le blog de notre groupe,  http://podame.unblog.fr, de septembre 2007 à mai 2009
requêtes ayant amené des internautes sur podame de septembre 2007 à mai 2008
Proposition d’écriture :
je vous propose trois moments d’écriture, à partir de trois points de vus différents

1.  dans un premier moment nous allons jouer au moteur de recherche.
vous savez comment se présente la réponse d’un moteur de recherche à une requête :
titre de la page – courte extrait de deux lignes contenant les mots cherchés mis en gras – adresse de la page en question…

Je vous propose de choisir une requête, parmi celles qui ont mené sur podame, et d’inventer une réponse de google : c’est à dire uniquement le titre de la page et un court extrait (ou de courts extraits, tenant sur deux à trois ligne maximum), contenant les mots de la requête que vous soulignerez. Les mots peuvent être à la suite ou à des endroits différents, ils peuvent être dans un  ordre différent par rapport à la requête. Le titre n’a pas forcément un rapport évident avec l’extrait, (car l’extrait contenant les mots cherchés peut être totalement anecdotique par rapport à l’ensemble de la page). La seule contrainte : la brièveté de la citation et la présence de tous les mots de la requête.
Nous afficherons le résultats de ces requêtes, et il nous servira de point de départ au second moment d’écriture.
(10 minutes)

google

2. Affichage et lecture silencieuse:
maintenant, je vous propose de choisir un des résultats affichés. Ce peut-être celui que vous avez écrit (ce n’est pas interdit), ou celui que quelqu’un d’autre a affiché. Imaginez que vous cliquez sur ce lien…
que trouvez-vous là ? écrivez le/les textes qui se trouvent sur cette page web.
Vous connaissez déjà le titre de la page, et vous connaissez un court extrait, qui peut se trouver à n’importe quel endroit de la page, voire être découpé en plusieurs morceaux… à vous d’imaginer tout le reste.
Le type de texte peut-être est totalement libre, on peut trouver sur le web des blogs, journaux intimes, poèmes, textes juridiques, modes d’emploi, forums, publicités, articles scientifiques, et j’en passe…
Le texte peut-être très inattendu par rapport à la courte phrase affichée par google : ton, contexte, registre peuvent être très différents, car google pêche les mots dans un texte sans évaluer  s’ils sont importants ou anecdotiques.
(30 minutes)

3. Avant chaque lecture de textes proposition d’écoute :
Imaginez que vous êtes la personne qui a tapé dans google la requête qui a conduit au texte que nous allons entendre. Ecrivez sur un papier qui vous êtes. (homme / femme ? age ? …) Quel était votre objectif en tapant cette requête ? que cherchiez-vous , à quelle question vouliez-vous répondre ou quelles informations vouliez-vous recueillir?
Je vous propose d’écouter le texte depuis le point de vue de cet internaute, et d’écrire quelques lignes à partir de cette écoute. Notez si le texte répond à votre attente, à votre recherche. Qu’il y réponde ou non, notez s’il vous intéresse. S’il vous fait faire une découverte étonnante et inattendue. Après l’écoute de chaque texte, vous écrirez quelques mots témoignant de ce que votre satisfaction, déception, etc d’internaute en quête d’une information  Après lecture des texte, nous lirons les réactions des « internautes »

Note :  il peut y avoir pour les participants une difficulté certaine à comprendre la consigne d’écoute. Cet atelier demande plusieurs changements de point de vue successifs, ce qui n’est déjà pas évident. Il demande aussi une certaine familiarité avec la navigation sur internet et les moteurs de recherche (avoir déjà utilisé google de temps en temps semble nécessaire).

Le liste des « mots-clés recherchés » proposée est assez longue, il pourrait intéressant de la réduire (entre 5 et 10 par exemple), de façon à ce que plusieurs participants del’atelier soient amenés à choisir la même.



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