Ainsi de suite

Le temps s’est pendu
Figé comme un étang de glace
Il s’est laissé glisser
Toile de fond et
Toile d’araignée
Ouvrir à trois mains
Briser le silence de l’air
et ainsi de suite

Reflets et ombres
Sortent des armoires
Tourbillons d’âmes qui s’évadent
Ainsi font les mains
Trois petits tours par çi
Trois petits tours par là
Voilà le temps revisité
et ainsi de suite

Les mots font des rimes
Les mains s’anniment
De là un fil s’échappe
Par là un regard s’approche
La poussière respire
Les pas s’emmèlent
Les murs chuchotent
et ainsi de suite

Ouvrir à trois mains
Les chemins des décombres
Rassembler quatre mains
et ainsi de suite

Séverine



Mélodie métisse

Dix neuf heures zéro neuf sur l’ordinateur portable – Une salle de transit à Casablanca – Espace de restauration rapide – Pizza – Chawarma – La brioche dorée – Des qui repartent – Des qui partent – Un type au téléphone – Espace fumeur – Valises qui roulent – En face deux jeunes filles – Ne rien entendre – Afrique – Une musique dans la tête – La salle d’attente se remplit de ces notes envoûtantes, excitantes, puis quand celle-ci se termine un laps de temps se passe – silence – ambiance discrète – Regard furtif – Une phrase en arabe – Puis la musique redémarre – Absence – Le Sabbar – Solitude – Etre loin – Elle attend – La respirer déjà – La voir – Le corps s’est déjà transformé – L’esprit la rejoint -

Où sont tes racines ? Tu les as laissé quelque part sur une terre que tu ne connais pas mais qui te rappelle sans cesse. Ton premier cri ton premier regard ton premier sourire ont été pour elle. Ne dit-on pas qu’ils appartiennent à ta mère ces premiers rires ce premier regard ?
Le vent chaud Africain s’est engouffré dans tes poumons c’est lui qui t’a donné vie.

De loin une jeune fille assise à une table, un ordinateur, elle pianote. Ses doigts vont et viennent de gauche à droite de droite à gauche en haut en bas. Elle est plongée devant son écran, ses yeux pétillent, elle semble vivre chaque lettre qu’elle tape, plus que cela elle vit l’histoire qu’elle raconte sans doute. Elle a dans ses oreilles un casque, sans doute écoute t-elle de la musique, sûrement même sa tête s’agite, par moment ses lèvres forment des mots, son visage éclairé d’une lueur de bonheur, de plaisir. Elle semble être ailleurs malgré la froideur de cette salle de transit elle voyage avant les autres. Elle a pris l’avion.
Elle a déjà retrouvé son essence originelle.

Par moment elle s’arrête lève la tête se laisse transporter par la musique que l’on n’entend pas, elle observe la pièce les gens ont changé ce ne sont plus les mêmes.
Le vol 732 pour Ouagadougou est annoncé. Elle ferme l’ordinateur.
3h30 du matin, un souffle d’air chaud balaye la piste et s’engouffre dans le bus avec les passagers. Je regarde autour de moi dans la salle d’arrivée, mon nom sur une pancarte. Le taxi de l’auberge. C’est le même que l’année passée, je le reconnaît. Le restaurant à côté du gîte déverse une musique entraînante. Je m’allonge sur le lit, la mélodie m’apaise.
Demain je parts pour Bobo.

Tu me délivres et tu m’enivres.

Cinq heures de bus pour rejoindre la ville de Bobo-dioulasso. Le goudron, une longue route droite au milieu d’une terre aride, seiche, rouge, où par moment quelques villages formés de briques en terre surgissent. Sur la route, des enfants avec des ânes transportent du bois, des femmes chargés de fagots sur la tête.
Il n’y a qu’une seule halte. Pour manger. 10 minutes. Avant même de descendre, les vendeuses s’agglutinent devant le bus. Elles offrent chacune des boissons, de l’eau en sachet, des mouchoirs, du pains, du sésame, des fruits. Leurs appels forment un concert dans l’air remplie d’arôme exotique.
Il faut se frayer un passage pour approcher les hommes qui font griller de la viande.
Un délicieux mélange d’oignons, de piments et d’épices. Le tout enveloppés dans un papier. Pour le pain pas besoin d’aller bien loin, il n’y a cas tendre la main. Les enfants attendent.

Les rues de Bobo-Dioulasso sont larges, poussiéreuses, de chaque côté de nombreuses boutiques proposent une restauration rapide, des cigarettes, des cartes téléphoniques, des vêtements, des bijoux, des objets d’art Africain… Tout le monde circule avec un masque sur le nez pour éviter la poussière, les vélos, les voitures, les camions, les motos se croisent, se dépassent. Les marchands ambulants se mélangent à ce flot qui ne cesse pas du matin au soir. La musique dans chaque boutique, les grillades de viande au bord de la route sur une grille aménagée, les enfants avec leur boîte en fer qui réclament quelques pièces.
Chaque regard offre une “Bonne arrivée”, une poignée de main, un “bonjour soyez les bienvenus”. Odeur de feu, de fruit, de riz cuisiné à toutes les sauces, d’encens, de poussière, de pot d’échappement, le sifflet de l’agent qui surveille la barrière, le train qui passe.

Tu m’arraches déjà à mon quotidien d’occidentale. Tu m’embarques dans ta tourmente, dans ton univers où le temps ne m’appartient plus.
Tu pourrais être née en France et n’avoir jamais connu les racines familiales de cette terre qu’est l’Afrique.
Tu pourrais aussi bien avoir été une de celle qui accepte malgré elle, les conditions de vie qu’offre ce continent aux mille couleurs.
Mille couleurs, voilà deux mots que j’attrape en me laissant bercer par les chants, les odeurs sur ce marché de Bobo. Une place jonchée de fruits, de légumes, de fleurs, des femmes et encore des femmes qui tantôt circulent, tantôt s’arrêtent et discutent.
Sur le dos, un bébé qui s’endort sur le pas balancé de sa mère.
Je me laisse entraîner, emportée par la foule.
Je ne vois qu’elle souriante gracieuse douce. Il y a dans son regard une pointe de mépris ; d’être là peut-être de ne pas pouvoir être ailleurs sans doute.
Assise sur une natte, qui reflète sur son visage, un jaune et un bleu éblouissant, je m’arrête et je la regarde.

Femme du soleil femme d’Afrique
Tu pourrais être ailleurs, dans une tour d’ivoire loin de cette poussière de cette chaleur
Emancipée du poids de ta culture sans pour autant la renier
Femme d’un continent riche d’Espoir
Tu souris à tous ceux qui passent
Je m’approche un peu plus, comme captivée par ton regard.
Nos yeux se rencontrent, un sourire échangé, tu me reconnais. Je suis la blanche née en Afrique. Je t’ai laissé sur cette terre il y a longtemps, mais ton coeur n’a jamais cesser de me faire vivre. Le chant dans ma tête devient clair, la musique que j’entendais chaque jour, c’était toi. Je m’assoie sur la natte.
Aujourd’hui il y a du monde sur le marché. Je suis installée sur une natte jaune et bleue, mon enfant sur le dos s’est endormi. Les touristes sont arrivés, les blancs aiment bien faire le marché.
Je m’appelle Rokia, j’ai 36 ans. Je suis Africaine, noire de peau comme mon père et ma mère. Je vends des fruits et des légumes sur le marché chaque jour. J’ai grandit ici, à Bobo. Je n’ai jamais quitté mon pays.
Que tu sois de celles qui acceptent leur sort sans rien dire, ou bien de celles qui vont prendre les armes pour abolir un esclavage moderne, tu resteras et demeureras la femme Africaine que je suis.
Autour de moi la foule s’intensifie, je m’appelle Rokia, je reviens au pays.

Séverine



La plage du souffleur

Je marche sur le sable mes pas s’enfoncent et laissent des traces. La mer ne se lasse pas de venir me rejoindre, elle prend un malin plaisir à effacer mes empreintes. Le sable est mou par endroits, le vent m’accompagne je m’éloigne peu à peu du lieu où j’ai laissé mes affaires.
Je quitte l’instant présent. Je ne suis plus ici mais ailleurs. La mer va et vient entre mes pieds, danse sur le sable joue avec moi, je ne lui prête aucune attention.
Je marche en traînant mes pieds sur le sable il fait chaud je porte un petit maillot je m’amuse à mettre mes pieds dans les traces laissées sur la plage, ceux de ma mère. Elle est devant moi, ma pelle et mon sceau se balancent au bout de son bras, je fais de grand pas pour mettre mes pieds dans ses empreintes.
“Allez dépêche toi un peu”. Mon petit frère court à côté de moi, on s’amuse il n’arrive pas à faire un seul pas pour mettre son petit pied dans celui de ma mère alors il saute.
Il y a des choses comme ça qui me reviennent, des instants qui ressurgissent.
Le flux et reflux des vagues sur la plage sollicitent ma mémoire, me ramènent des souvenirs me les reprennent, les remportent au fond de la mer.
Dans ses entrailles des tas de souvenirs qu’elle conserve sans doute par jeu, peut-être pour rappeler à ceux qui les ont perdu que des fragments de leur histoire peuvent à tout moment revivre et donner un sens à ce que l’on vit au moment même. Combien de souvenirs d’enfance garde t-elle ? combien d’histoires a t-elle au fond de son abîme ?
Il est à peine 7h du matin, le soleil se lève sur l’océan, la mer chante déjà, je l’entends je la respire les vagues qui viennent s’écraser sur la barrière de corail émettent un dernier souffle la dernière syllabe d’une chanson que je reconnais.

Je m’installe devant mon ordinateur, ma fille dort dans la chambre, nue sous la moustiquaire. Une tasse de café à ma droite mes mains pianotent sur les touches du clavier. Mes yeux fixés sur la page blanche de l’écran mon esprit vagabonde sur l’île.
Un bateau au loin approche doucement de la côte, il transporte à son bord Bérial. Tonton Bérial, natif de l’île, revient sur sa terre qu’il a quitté il y a 20 ans. La navette accoste sur le petit port, des touristes, des gens de l’île, descendent et s’affairent à récupérer leur bagages. Bérial reste un moment sur le quai, au milieu des sacs, des cartons, des marchandises, une classe d’enfants l’entoure, des femmes et des hommes lui passent devant, derrière, il reste immobile, il ne gêne personne, personne ne le gêne. Sur sa tête un chapeau de paille, des lunettes de vue qu’il ajuste, sa silhouette longue et fine dépasse d’une tête les autres autour. A ses pieds un sac en toile. Petit à petit l’embarcadère se vide, les employés commencent à nettoyer le bateau pour le prochain départ. Bérial prend son sac, se dirige vers le centre du village.
Ma fille se réveille, le soleil chauffe et le vent souffle un air doux. Nous allons prendre un petit déjeuner. Au même moment, l’ami de ma mère qui nous loue sa maison, arrive avec trois noix de coco. “Bonjour Léon”. Il est natif de l’île, et travaille comme pêcheur pour un patron. Avec sa machette il tranche la noix de coco, ce qui forme un petit trou, juste assez pour laisser couler le jus.
Une noix contient à peu près un demi litre d’eau, sucré et aromatisé, le jus désaltère, c’est un régal. Il coule le long de ma gorge comme il a coulé dans celle de ma mère. Je sens son odeur, je la vois au même endroit assise par terre sur la terrasse dégustant ce liquide, savourant mutuellement ce plaisir, je regarde ma fille, elle ne veut pas y goûter. Sans doute moi aussi avais-je refusé de boire ce liquide transparent dans une noix, quand le Martiniquais grimpait sur le cocotier pour nous offrir le jus frais. C’était sur la plage de l’hôtel où mon père travaillait comme chef de cuisine. Des années plus tard sur l’île de la Désirade, ma fille prend ma place, nous sommes en vacances et je marche sur les pas de ma mère.

Sur le sentier qui nous conduit à la mer, je devine devant moi, sa silhouette. Elle aussi est passée par là, elle aussi elle a descendu, monté, ce chemin caillouteux pour s’allonger sur la plage.
Léon tranche avec sa machette un morceau de noix de coco qui nous sert de cuillère pour extraire la pulpe blanche qui devient la noix de coco dure que l’on connaît. Son goût de coco est un délice, la saveur est douce, légèrement sucrée, il me regarde, “tu ressembles à ta mère”.

Il est environ 8h, ma fille a déjà mis son maillot, elle veut aller à la plage. Son père prend les serviettes, le sceau, la pelle, les bouées. Je suis seule. Les vagues bercent le silence de cette petite maison située en haut du chemin. Je me remets devant l’ordinateur, Bérial marche vers le centre du village. Son sac de toile sur l’épaule, il observe les rues, les maisons, son pas léger retrouve le sol de son enfance, il entend les cris des enfants dans la cour de l’école. Son école, elle n’a pas changé, petite maison créole rouge et jaune, rien n’a changé. Il s’arrête un instant pour regarder les enfants jouer dans la cour, il était là lui aussi, de l’autre côté. Il ne s’attarde pas plus que ça, au coin de la rue, la boulangerie est à la même place. A côté une petite supérette, c’est nouveau, il doit y avoir plus de monde sur l’île. Dans son souvenir la boulangerie faisait office de bar, il s’avance, le comptoir est toujours là, il s’assoit commande un verre, un sandwich. Au fond de la pièce, une télévision a remplacé la radio, des flots d’images sur des musiques nouvelles envahissent la petite boulangerie. La serveuse est une jeune fille qu’il ne connaît pas, elle a un tatouage sur le dos, est habillée de façon moderne, elle le sert puis retourne devant son écran de télévision.
Sur l’île il n’y a qu’une seule route, pas plus de 15 km. Elle est toute en longueur, seul un côté de l’île est habité, l’autre fait place aux falaises. Le village se situe au milieu, quelques maisons forment le centre, et sur toute la longueur d’autres habitations par ci par là.
Bérial passe un moment assis au comptoir, les quelques personnes qui entrent lui disent bonjour comme à n’importe qui. Que vient-il faire ici ?

Je vais rejoindre ma fille sur la plage. En descendant le chemin qui mène à la plage une odeur me vient, c’est un fruit que je connais, pas le nom mais l’odeur, Je suis avec mon frère quelque part aux Antilles 10 ans peut-être, nous jouons dans un lieu qui reste vague, une étendue verte un arbre et puis ces fruits que l’on cueille. L’exhumation de mes souvenirs se fait par fragments, tantôt des odeurs, tantôt des lieux, c’est étrange, j’arrive par moments a ressentir un sentiment, celui que je nourrissais sans doute à ce moment là. Je ne me sens pas triste, ni nostalgique, je découvre mon passé, mon enfance, une partie de moi que j’avais oublié.
Je revis des instants de bonheur passés en famille, et si l’écriture ne s’imposait pas à moi, comment pourrais-je marquer ces moments ?
Je traverse la route qui me mène à la plage, j’ai quitté le personnage de mon récit, Bérial, mais sa silhouette assise au bar ne me quitte pas.
Je retrouve ma fille, elle joue avec un petit garçon, le fils de Léon. Ils sont assis tout les deux sur une planche de surf et attendent les vagues pour se laisser chavirer. Leurs éclats de rire jaillissent quand les vagues arrivent et les faits tomber de la planche. Une photo me vient comme un flash. Je dois avoir même pas un an, je suis assise de dos à côté d’un petit garçon, il a la peau mate comme celle du fils de Léon, un Antillais ou un Africain, je ne sais plus. Je saisis mon appareil et à mon tour je fixe cet instant, pour ma fille plus tard. Je me dis qu’à son tour ma fille marchera sur mes traces, celles que je lui laisserai. Il faut savoir d’où l’on vient pour savoir qui l’on est. Je l’apprends là, je comprends mon attirance pour les voyages, l’Afrique, les Antilles, je saisis mieux ma colère face aux injustices de l’intolérance, je suis née en Afrique et mon coeur est Africain.
Bérial, à la peau couleur chocolat, reprend son sac de toile, et commence à marcher sur l’unique route de l’île.
Je le vois de dos, avec son chapeau de paille, il marche tranquillement, sûr de là où il va, comme s’il n’avait jamais quitté l’île, il pourrait revenir du bourg comme il a dû le faire souvent avec sa mère. La route de l’île longe la mer d’un côté et la colline de l’autre, le soleil est déjà très haut, la chaleur monte et la légère brise fait doucement bouger son chapeau de paille, qu’il maintient par moment.
Quelques voitures passent, puis une camionnette s’arrête :
“je vais au Souffleur”. Il embarque derrière, s’installe et d’une main tient son chapeau.
“merci bien”. La camionnette roule un moment, puis dépose Bérial à l’endroit indiqué. Les gens de l’île sont très gentils et serviables, ils se saluent, puis la voiture repart, laissant Bérial sur le bord de la route. Il reste là un moment, son sac de toile sur l’épaule, un sentier en face de lui se dessine, caillouteux bordé d’arbres et de plantes, deux petites maisons en bois sur le côté droit, rien n’a changé. Son émotion est grande, dans son souvenir d’enfance, ce chemin il le montait en courant avec son père. Aujourd’hui son père n’est plus, mais ses traces sur le sentier apparaissent, il traverse la route, avance et pose ses pas sur ceux de son père. Les empreintes surgissent à chaque pas qu’il fait, son père est là devant lui, avec un chapeau de paille, il fait de grandes enjambées, monte le sentier, Bérial le suit, son père porte un sac en toile.
Arrivé à la petite maison qui surplombe la mer, Bérial s’arrête, pose son sac de toile, sort trois noix de coco, une machette et tranche l’une d’elle. Le jus frais jaillit, mais il n’y a personne pour le boire. La petite maison est vide. Il n’y a pas de serviette étendue, la petite fille n’est pas là. Il se lève, fait le tour de la maison, derrière sur le sol en terre, la planche de surf.
Puis d’un coup il se retrouve sur la plage, sur cette planche de surf assis à côté de la petite fille blanche que le soleil avait finit par rendre couleur café.
La photo prise, je m’éloigne du bord de la plage, je laisse Bérial et ma fille profiter des derniers jours de vacances. Bérial, c’est le nom que Léon à donné à son fils. Ils jouent sur cette planche de surf, seul le jeu et le moment présent compte.
Je me suis chargée de garder une trace qui sera plus tard un souvenir d’enfance, sur la plage du souffleur.

SL



SILENCE

Silence
Absence
sursaut dans le noir
Retour d’une chimère
brusquement le silence
résonne
Un café le chien oublié
ma fille se rendort
Douce chaleur avant le jour
silencieuse
La nuit disparaît les ombres jaillissent
silence
se bousculent s’emmêlent se confondent
silence
se lèvent s’assoient se croisent
silence encombrant
Vide les regards s’évitent
silence
Les paysages défilent silencieux
Le temps passe impatient
silence qui s’éloigne
Dans un bouillonnement de son et d’haleine
Empressé se précipité se sentir légère retrouver
le silence
SL



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