A Propos de la Beauté des Loutres d’Hubert Mingarelli

Le vieux camion à plate-forme brinquebale sa cargaison de moutons sur la route qui serpente dans la montagne. C’est l’hiver. Les amandiers sont en fleurs. Il va peut-être neiger et il reste un col à franchir.
Horacio le patron se crispe sur le volant. Il redoute la neige. Coûte que coûte, il doit livrer ses moutons. A ses côtés, Vito l’apprenti à peine sorti de l’enfance, prend soin des bêtes et se tait.
Dans le silence des mots brûle la tension d’Horacio.
Le vieux camion, la neige. Faudra-t-il chaîner ? Les chaînes sont usées. Vont-elles tenir ?
Dans le silence des mots couve la violence d’Horacio.
Violence de l’homme, des hommes, un moment maîtrisée et qui finit par exploser pour être aussitôt regrettée.
 » C’était une histoire de vie ou de mort. Tu comprends Vito ? Il fallait sacrifier un mouton pour sauver tous les autres « .
Vito doit apprendre. Horacio voulait juste que Vito se taise. Vito ne se taisait pas. Vito voulait arrêter le camion pour rattraper le mouton qui s’était échappé. 
Horacio a frappé Vito.  Le sang a jailli.  Horacio ne voulait pas blesser Vito  mais Horacio savait que s’il stoppait son vieux camion dont les chaînes avaient lâché en haut de ce col enneigé, ils ne repartiraient jamais.
Plus tard, dans le silence de l’écurie de la ferme enfin rejointe, dans la chaleur de la présence de cette paysanne venue soigner Vito, vient le pardon. Le pardon d’un pauvre gars qui  » n’avait jamais vu de loutres autrement qu’en photographie « .
Dans le silence des mots, jaillit l’humanité d’Horacio.



Un tren per tu tota sola – Un train pour toi toute seule

C’est l’histoire d’un livre qui m’a choisie.

Je ne sais plus ni quand ni où je l’avais acheté, comment il est arrivé dans ma bibliothèque, combien de temps a-t-il dormi entre deux autres livres avant que je le reconnaisse, que je m’étonne de sa présence, que je le prenne dans mes mains, que je l’emmène dans mon lit, que je l’ouvre et le parcourre et le découvre, à la lueur de ma lampe de chevet… Et dans quel voyage m’a-t-il embarquée…

Un tren per tu tota sola. Un train pour moi.

… cet endroit particulier où c’est le silence qui est un bruit étonnant, un moment qui jaillit soudain d’une coïncidence improbable : le train s’est arrêté, en même temps son moteur, sa climatisation, et les conversation des voyageurs. Et ce silence abrupt, impudique, exhibe instantanément tous les sons discrets qui s’entremêlaient, qui se faisaient les uns aux autres un paravent continu.

… est-ce un lieu qui vous berce ou qui vous inquiète ?

… dans cet entre-deux mondes, vous projetez-vous déjà à votre destination, où êtes vous encore dans votre ville de départ ? Ou peut-être, ni là, ni là-bas…

… le monde se déplace, très vite. Le paysage se modifie, sans cesse. La seule référence stable, c’est soi-même. Et les autres voyageurs peut-être. Vous le croyiez, peut-être, mais les voilà qui descendent. Vous voilà seul, un instant. Voici que d’autres voyageurs montent. Chuchotent. D’autres parlent fort. La sonnerie d’un téléphone, allô… la moitié d’une conversation, des rires. En perpétuel changement, le mond devient anecdotique : où que j’aille, je suis dans le train.

… un lieu qui berce, qui agace ou qui inquiète.

1. Faites un inventaire de vos voyages en train. Pour chacun, donnez la gare de départ, celle d’arrivée et plusieurs détails objectifs comme par exemple (salle ou compartiment, première ou deuxième classe, fenêtre ou couloir, couchette, durée du trajet, sièges occupés par d’autres voyageurs et siège vides, lumières, climatisation, …)

2. Choisissez un de ces voyages et utilisez les détails récoltés pour écrire un texte, réel ou imaginaire.

Quelques pistes possibles :

* Utilisez les bribes de conversations entendues pour imaginer l’histoire d’autres voyageurs,

* Racontez le voyage du point de vue d’un autre passager,

* Décrivez les bruits du train, les odeurs, les paysages traversés,

* Racontez votre voyage intérieur au rythme du bercement du train.



stidama

Stidama

Depuis « le soleil des Scorta » (très) librement inspiré ( pardon Laurent Gaudé !!)

Prendre page 33 (le souvenir de Korni)

Un objet précieux, un objet fragile, un objet ordinaire, un objet aimé ou détesté, un objet enfoui, qui resurgit, tout à trac… Soudain cet objet parle, il me (vous) parle :

« Depuis combien de temps, de mois, d’années suis-je ainsi délaissé ?

Te souviens-tu de mon apparence première ? J’ai été confectionné avec gout, décoré, exhibé et admiré.

Longtemps, j’ai été utile, par ma seule beauté d’abord, par l’usage que chacun pouvait faire de moi, ensuite. Et puis, plus rien, le désamour, le rejet et l’oubli.

Je me morfonds dans l’obscurité depuis cet instant fatal où, sans explication et avec jubilation, on m’a jeté au fond de cette malle. Encore heureux, que j’ai survécu !



Le labyrinthe de Renard d’Audrey

A l’attention de Corinne

J’ai voulu travailler pour un public d’adultes et le résultat est plutôt destiné à un public de 8 – 10 ans. J’ai réfléchi sur la branche I du Roman de Renard et j’ai choisi de lire un passage de la branche V. Je comptais embrayer l’exercice sur la lecture, et ma lecture cloture l’exercice. C’était déroutant. Bonne lecture:

Oyez oyez mesdemoiselles messeigneurs le début de l’histoire que je vous conte.

Renard est un renard très malin qui vit dans un monde d’hommes et d’animaux. A la cour du roi Noble le lion il a de nombreux ennemis et fort peu d’amis. Les hommes ne cherchent qu’à lui prendre sa peau . Aussi il se cache dans la forêt.

Isengrin le loup et Roenel le chien sont ses plus féroces ennemis. Ticelin le corbeau, Chanteclerc le coq, Pinte le poule et Dame Mésange ne l’aiment pas mais cherchent pas à lui nuire. Son cousin Grimbert le blaireau et Tibert le chat lui vouent une indéfectible amitié.

Hélas! Renard ne peut s’empêcher de jouer à tous des tous à sa façon. L’une des raisons est qu’il a bien souvent le ventre vide, et la vue d’une oie grasse ou d’un poisson lui donne envie de croquer l’animal.

Aussi un jour qu’il était affamé, il passa près d’une maison en bordure d’un bois où vivait tout un poulailler Lui vint alors une idée rusée pour contenter son estomac.

Vous allez raconter en quelques paragraphes le tour de Renard pour manger. Votre récit doit se clore par la fin que je vais vous narrer:

« (…) Il abandonne la place et s’en va. Affamé, le coeur sans force, parmi les bruyères, près d’une plaine, Renard s’éloigne par un sentier. Il est très affligé, très peiné que le coq lui ait échappé, et qu’il ne s’en soit point régalé. »



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