Tu t’attendais ?

Tu croyais que c’était fini. Les valises, les déménagements, les avions, les décalages – des horaires et des cultures , commencer à zéro. Tu croyais avoir laissé derrière cette époque d’incertitude et de excitation et tu croyais que tu avais trouvé le bon endroit, peut-être l’équilibre. Mais enfin tu cherchais quoi, te cacher derrière un désir, un souhait, un espoir ?

Le portable avait un message : il faut chercher l’ancien inventaire, les déménageurs viendront encore toucher l’intime, les secrets, la pudeur. Et toi au lieu de bouger, tu restes dans ton lit, à regarder la lumière du matin s´épaissir sur la fenêtre.

Cette pièce avait enfin trouvé une douceur, même une couleur, rouge ocre, et toi t´avais fini pour mettre cette couleur dans ta peau, dans ton regard, dans ta pensée.

Tu continues à scruter la lumière, tu n’oses même pas aller chercher un café, mettre des idées dans une boîte ou écrire simplement je ne peux pas. Tu trouves que la lumière change le rouge ocre en rouge évêque, et cette couleur semble te parler de profondeur, mais pas d’amertume, tu penses que la matinée doit être bien avancée. Tu évoques cette ville, elle te plaît, ses cafés, ses marchés, ses rues sales mais arborées, sa montagne. Elle, cette ville, a enterré aussi une muraille et comme toi elle essaye de se faire une beauté. Pour cacher ses batailles, sa douleur mais aussi son envie, sa faim de vivre. Elle doit se vendre aux investisseurs comme toi aux employeurs, mais les cicatrices laissent des traces, plus dans les femmes que dans les mures… tu ne le savais pas ? Tu t’es même habituée au silence de gens, au silence comme communication, des fois il faut ne rien dire. Finalement tu as l’air de commencer à comprendre.

Tu ne veux plus m’entendre et tu t’étires, d’abord les jambes, ensuite les bras et tu touches d’une façon involontaire le dessein que ton enfant a laissé sur la table de nuit. Tu l’a avais oublié, il a dessiné une maison avec un toit rouge à coté d´une rivière, la montagne sur le bord de la page. A le regarder, à le fixer longuement, tu as l´impression que le toit devient feu, et tout le dessein brûle, ta main, celle que tient le dessein brûle aussi et elle te fait mal. Tu sautes du lit désespérée… tu cours vers le toilette chercher de l’eau mais il ne se passe rien, la main brûle encore mais il n’y a pas le feu. Ce n’était qu’un reflet du soleil.

Que s’était–il passé ? Tu ne comprends pas. Tu reviens au lit sans comprendre, ton cœur bat encore très fort, tu essayes de te calmer et tu te demandes si lors du prochain coin-feu tu ne devras pas brûler ce que reste encore collé quelque part dans ton corps et fait mal, comme la main maintenant.

Tu te pelotonnes, ensuite tu t’étires toute entière, tu as l’impression que tu occupes toute la pièce. Tu croyais l’avoir dit, cette fois-là, je ne bouge plus, c’est décidé. Je reste ici, pas pour toujours, mais je reste ici. D’ailleurs qu’est-ce que ça veut dire toujours ? L’avais tu exprimé ainsi ? Es-tu sûre de ne pas t’avoir trahi, comme si des fois le corps abandonne à sa chance les paroles María dh Aranguren-10-10-07

 



Littérature de jeunesse thé... |
Les chroniques de Wenceslas... |
Aşk Desem Az Gelir |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | LA PHILO SELON SYLVIE
| Les écrits de Shok Nar
| kantinof