RENGHARDISES

RENGHA EROTIQUE ( Monia Dany Véronique JJ )

  

Désir… manque qui naît de ton absence… Il m’oblige à te repenser désarticulée…  comme si toutes  tes parties s’étaient éparpillées et qu’il me fallait te reconstituer… telle ces poupées nues qui ne tiendraient pas debout si elles s’incarnaient.

  

Toi dos arqué et hanches généreuses comme les bords arrondis d’un violoncelle en marbre.

Toi sein lourd et pourtant dressé jusqu’à la pointe du téton.

Toi cou tendu… tendu vers… en attente de … Effleurement de mes doigts … Souffle… Mon souffle… Mon souffle accéléré…et chaud le long de ta peau… Ta peau…Dévoilée, ta merveille… Tes lèvres noires… Ton souffle court… Qui court partout… Ton souffle partout remplit l’espace… Ton souffle qui transcende… Ton souffle coup de grâce, ton souffle cou de feu… Feu sur mon désir… Mon désir en lumière… Pleine… Sous les projecteurs… Ta peau  sur ma peau sur ta peau sous nos souffles…. Courts…. Mélangés… Tendus… Ta merveille  comme une lumière… Tendue…. En attente de …. Tes lèvres….dessinent d’étranges mots silencieux que je happe au bord de mes doigts… Aveugle je lis à fleur de peau ta souffrance délicieuse… Toi marin égaré, moi houle de ton naufrage. Nos souffles…et nos peaux… la longue haleine du vent…Tu m’embrasses à pleine bouche, me bois avidement avant de couler à pic. Flotter sur le désir. Noyés dans le plaisir. Couler à pic et rejaillir. Fusion. Tempête. Eclatement humide.

  

Fin d’un songe mouillé. 

  

Ma larme solitude.



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Fuir ce monde! Trouver la solution! Fuir ce monde pour le guérir! Alors j’ai pris ce bateau. ça m’a rendu malade cette mer déchaînée. ça m’a rendu malade de honte aussi. malade. purger la maladie. La maladie de tous les êtres réunis. Mais… Quand le ciel noir a rendu ses étoiles par milliers au monde , c’était comme quelques touches de lumière posées ici et là sur la noirceur du monde. l’espoir au bout du chemin?

c’est fou, il doit se la couler douce à Abdoularomaine. C’est ça, il nous a oublié, il sirote son machin-chose.
Remarquez chez nous, on ne repart jamais sur une seule jambe.
Il sirote la deuxième chose à Abdoularomaine dans le vent
J’ai envie d’une richelieuse là maintenant, pas toi?
c’est pas tout ça mais il fait soif, non?
ils auraient pu réparer la climatisation vu le prix qu’on paye.
ne vois-tu pas les 3 petits points dans le ciel?
Il y a des jours, je supporte plus la nuit.
une belle jambe, ça me fait une belle jambe!
bahbahbah! ce qu’on s’en fout de ça!
c’est bon c’est bon j’ai rien dit
et puis j’ai pas envie de parler
non madame Irma, nous ne partons pas encore
c’est infernal! ce type qui court il va plus vite que nous
Oh la la les jeunes, on se calme
le monde est complètement cinglé mais est-ce si nouveau?
c’est à cause de mon prénom, Meltem signifie  » souffle le vent »
chez nous on repart jamais sur une jambe
j’aurais pas du mettre ces chaussures (Dany)

 

Le souvenir s’éloigne, se rapproche, s’ajuste. Je n’étais pas dans cette véranda avec les autres . La journée était froide, comme le vert tilleul des armatures, 4° comme la boisson légèrement alcoolisée et pétillante au goût de carotte servie par cette guenon en guenille aux doigts sertis de bagues…J’étais venu , j’avais choisi de venir pour le printemps . j’attendais le printemps. A cet endroit , le printemps devait être quelque chose d’exceptionnel à vivre. Les autres voulaient partir pour une visite au Parlement. J’étais resté dan ma chambre. Haute et verte, humide et acide, la salade poussait dehors, nouvelle recrue toute crue.

Toutes ces voix tues que je sentais autour de moi , qui voletaient sous les crânes du groupe. Qu’un seul écho vînt jusqu’à moi et se collât à mes propres pensées.. J’aurais arrêté de marcher.. J’aurais cessé de m’isoler dans ma promenade.. Certains s’impatientaient. Le bus était parti .

Quoi faire ?

On dirait que je suis invisible !

On appelle quelqu’un ?D’ailleurs qui on appelle ?

Arrête tes salades.. D’ailleurs ta langue est d’une crudité !

Il se fait tard ,je commence à être fatigué.

Je veux rentrer, sortir enfin de ma bulle.

Et maintenant je dois me prendre en charge ?

Le printemps va partir avec le chauffeur du bus !

Et toi, couvre-toi ! T’as pas froid ?

Là tout de suite, ça me dit rien !

On dirait que je suis invisible..

Tiens passe –moi l’eau , va !

Allez jeune fille , il faut se lever

Tu passes sans me voir

Ne vois –tu pas les trois petits points dans le ciel ?

Mais non c’est moi qui ne te vois pas quand tu me regardes passer près de toi

Et toi t’as pas froid ?

Couvre-toi !

Lâche-moi, que je respire

Taxi au Parlement

Je n’ai plus rien à te dire … (Jean-Jacques)



La phrase lecture (à partir du travail avec Claude Fosse)

Quelqu’un en bottes de pluie et en ciré jaune en rencontre d’autres…,
Qui ont faim et soif…
Quelque part… au bord de la mer…au printemps, sous les tilleuls…
Mais jamais…
Personne ne s’écoute vraiment…
Et chacun erre dans ses interrogations personnelles. (Danielle)


Tombée de la nuit. Il fait froid. Ils attendent. Ils ont faim. Ils se racontent, des choses vues, des choses vécues, ils se souviennent, ils rêvassent, ils philosophent. Ils parlent pour ne rien dire. Quelqu’un a oublié son parapluie. (Monia)

Ils ne savent plus ce qu’ils vont faire, pourquoi ils sont là.
Il y a tous ces destins croisés. Chacun porte l’histoire d’un voyage antérieur, intérieur de tous les voyages antérieurs.
Et c’est toujours comme ça au fond. L’histoire ne fait que se répéter un peu différemment à chaque fois.(Florence)

Des personnages dans un bus. Certains se connaissent, certains veulent faire connaissance. D’autres préfèrent rester à l’écart. De toute façon, il fait trop chaud et les vacances c’est toujours pareil. Et à la fin du voyage, c’est toujours la fin. (Dany)



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