Lettre anonyme reçue de mon voisin

Reçu ce jour par lettre recommandée avec accusé de réception

« Je vous écris car j’en ai plus qu’assez de subir votre musique à plein volume jusqu’à trois heures du matin chaque samedi !
Vous n’entendez même pas – ou ne voulez pas entendre – les coups frappés à votre mur, ni les appels téléphoniques !
En plus, vos invités sont loin d’être discrets quand ils ressortent , ivres, de chez vous !
Sans compter la poussette de votre enfant qui traîne en permanence dans l’entrée de l’immeuble et qui a fait tomber deux fois ma vieille mère de quatre vingt deux ans ! Il y a pourtant un local prévu à cet effet.
Enfin, je ne supporte plus la présence de votre chat sur mon balcon qui piétine régulièrement mes jardinières fleuries !
Il faut impérativement que tout cela cesse dans les meilleurs délais. Sinon, je me verrai dans l’obligation d’avertir le syndic.
J’attends votre réponse dès réception

Bien à vous
X.



réunions DU- compte rendu journée du 6/12/08

Encore du bonheur  à se retrouver ! Et pas seulement du bonheur, des idées en foule, et en cascades !

 

Echanges autour des lectures et partage de bibliographies :

 

Tonino Benaquista- Saga-

Vargas Llosa- Le scribouillard (écritures de scénarios= sources possibles d’ateliers)-

Maélise de Kérangal- Corniche Kennedy

Yves Courrière-En vérité (une biographie de Jacques Prévert- une mine sur le 20eme siècle artistique, une connaissance du bonhomme et des poèmes- se lit avec délectation =commentaires de l’auteur du présent compte rendu !!)

Jean Echenoz- Courir (son «  petit dernier » et un des meilleurs, dixit ses lecteurs)

Christian Oster- 3 hommes seuls- Les déferlantes

Tristan Tzara- Œuvres complètes- Anthologie- Lesq techniciens du sacré- textes chamaniques du monde entier- Editions Corti- Contacter Louis pour plus ample informé, il adore !

Virginia Volf- Les vagues

Patrick Ourednick- Une brève histoire du 20eme siècle

Raymond Federman- mon corps en 9 parties

Sur Google voir « le petit bidon- Christophe Tarko

 

 

Nous reparlons des questions de communication informatique- Monia va effectuer un petit contrôle des liens via « groupe Du »-

 

La chaine des consignes : on continue !

Désormais consignes libres-

Danielle s’y attelle le 15 décembre, suivie par Chantal le 12 janvier

 

Confirmation du week end des 31 janvier/1er février-

Les participants s’organisent pour se convoyer le vendredi soir-8 couchages possibles chez Danielle (si partages des lits)- prévoir chacun quelque chose pour le samedi midi-

 samedi soir raclette, avec écot participatif (Nicole s’en occupe)-dimanche midi= soupe à l’oignon (Danielle) et  partage des nourritures terrestres apportées par chacun-

 

Prochaine réunion à Marseille prévue le 14 mars : Confirmation de dernière minute=Corine Robet sera présente.

 

 

 

 

Puis l’essentiel de cette journée sera consacré à des propositions d’ateliers, les idées courent et se succèdent :

 

Sylvain évoque la lecture « en rebonds » à partir d’un ou de textes quasi improvisés- Technique basée sur l’écoute très attentive, permettant justement le « rebond ». Nécessité d’un travail préalable, en particulier sur la lecture à voix haute.

 

En rebond, justement, Dominique  passe à une autre suggestion :

Saisir des bribes de paroles (en extérieur, n’importe ou, les noter au hasard en préalable d’un atelier ou proposer une déambulation libre en préalable ou pendant l’atelier) et en faire un ou des textes-

 

 

 

 

Je vous propose en suite, et de manière synthétique, un panorama des propositions évoquées :

 

-Le voyage imaginaire (Florence)

Donner des lieux du monde dans leur langue d’origine (Extraits littéraires possibles= Proust-Un amour de Swann, Parme-Sartre= Qu’est ce que la littérature-Florence, une ville, une fleur, une femme- Paul Fort à Francis James= ballades françaises- Italo Calvino Les villes imaginaires-Guide de nulle part et d’ailleurs- Merci Nicole, j’espère que mes références sont les bonnes !))

C’est le son qui va ouvrir l’imaginaire- Choisi dans la liste un nom vous amène à des mots, disposés librement sur une feuille-

On peut développer ces mots en idéel/matériel pour créer un réservoir-

=créer des liens et/ou remplir les blancs-

 

Toujours dans cette idée du son comme origine= plaquer des mots français sur du texte anglais ou autre- Idée de la traduction phonétique-Dans cette optique proposer une langue lointaine, une qui ne peut être connue et traduite involontairement-

 

Autre piste= Faire ressentir les choses avant de les faire écrire

Exemple- du plomb pour la lourdeur, des fleurs pour la senteur, etc

 

Tirer un fil :

Je bois au café

            Les fumeurs sortent

                        Ils râlent

                                   Ils s’en prennent à Sarko       

                                               Etc

 

La cuisine

Lectures puis inventaires des plats préférés-

Ecriture « en lasagnes »= une couche de recette

                                         Une couche de souvenir

                                         Une couche de recette

                                               Etc

Sur le même principe on peut imaginer autre chose

Exemple un gateau

Battre les blancs

—–un blanc—–

Etc

 

Florence nous propose un atelier expérimental

 

 

                                                           La langue voyageuse

 

 

deux objectifs= travailler sur le signifiant/signifié et écrire sur l’évocation qu’amène un lieu à partir de son nom

 

1/avant texte= prospection imaginaire de la musique étrange de certains noms/mots- ceux de notre langue ou d’un autre qui peut être inconnue-

2/liste de noms en caractère latin distribuée à chaque participant

3/choisir un nom de ville  par rapport à la poésie du mot, à sa sonorité-lisez à voix basse- laissez vous rêver-

Sur une feuille de papier posée à l’horizontale tracer 2 chemins ( Oriol-boyer)= mots évoqués par le son/mots évoqués par le sens-

On peut arrêter là l’arborescence ou la continuer plus avant-

4/en utilisant tout ou partie des listes, construire un texte qui dira ce lieu, ce qu’il évoque, à partir du nom de départ-laisser se dérouler les associations au détriment de la construction logique-

Se construit donc ainsi un lieu imaginaire qui, cependant, possède un nom réel-

 

On peut aussi construire un lieu mythique sous forme de rhenga

                                              

Construire un personnage

 

-Comme Volodine s’aider de zones ethniques pour inventer nom et prénom

-son lieu imaginaire puis fragment d’un trajet dans lequel le personnage se perd

-la liste des lieux

-c’est  le langage qui lui permet de sortir de cette perdition=travail sur la langue et sa sonorité- On peut « jouer »sur les mots-perte physique et perte de langage=puis l’analogie verbale et auditive permet au personnage de sortir de sa perdition corporelle

 

 

 

 

 

Nicole nous invite à un autre voyage imaginaire

 

 

 

Proposer des listes (villes, pays etc.)Chacun en tire trois, au hasard et les donne à son voisin

Ces 3 noms décomposés par syllabes vont  recomposer le nom d’un pays imaginaire-Puis :

 

 

 

 

 

                                                           Carnet de voyage

 

-description du relief, du climat, de la végétation

-les participants complètent dans la carte du pays imaginaire (la faire tracer sans déplacer le poignet par exemple, ou autrement) l’emplacement des lacs, des montagnes etc-

-se rappeler un des noms de la liste initiale et par anagramme donner un nom à la capitale du pays imaginaire (on peut aussi partir des véritables noms de capitales)

-on place la capitale sur la carte

-on rédige un texte sur la capitale et ses curiosités à ne manquer sous aucun prétexte

-on rédige une notice sur la faune et la flore (à usage des visiteurs ou à un autre usage

-inventer-)

-dessin fantaisiste et par anagramme noms d’espèces végétales et animales inconnues (à partir de noms d’animaux réels)

-raconter un événement dans ce pays (sportif, culturel, autre) -une coutume particulière-

-pourquoi ce pays si bien défini est-il si difficile d’accès ?

Tout cela peut prendre place dans un vrai-faux petit carnet et donc s’enrichir de la confection d’un objet-

 

 

 

 

Louis évoque son atelier « sur commande »= animer l’ouverture d’un conseil d’administration d’une association œuvrant dans la a thérapie sociale : thème choisi

 

 

 

                                                           La place et le déplacement

 

 

1/la place fixe

Refs= espèces d’espaces Pérec (page 109 en particulier le regard)

          La grande muraille Henry Bauchon

 

«  La force irascible qui ne croit pas à la mort me soutient » cette phrase est trop belle, je la retranscris : Louis d’où sort t-elle ? Je ne l’ai pas noté !

 

2/ je reviens à moi comme après avoir perdu connaissance et je déniche spontanément 3 ou 4 lieux du quotidien (ou de l’enfance, ou .. d’autre chose)= liste

3/.. qui sont ouverts sur l’extérieur comme  autant de places fixes comme des postes de guets-

Je m’y poste pour décrire ce qui se passe au dehors

 

            (variante =des lieux où vous vous êtes postés de nombreuses fois- des «  fenêtres sensibles » postes privilégiées du réel)

 

Petit essai grandeur nature avec le groupe et lecture de « nos lieux »

 

4/vous allez réaliser la description d’une de ces vues immobiles-

Consignes = le narrateur ne se déplace pas- C’est un autre qui lui décrit les choses : « tu vois, là, sur ta droite etc ».

Une phrase pour chaque strate visuelle-utiliser le cadrage de l’image-exploiter la perspective, le regard va du dedans vers le dehors-

Du narrateur, on ne sait que ce qu’il voit et ce qu’il perçoit (ouïe-odorat-textures etc)

5/espèces d’espaces page 55

Les eaux étroites- Julien Gracq ( ??)

Vous allez re-emprunter un trajet connu, une promenade, un parcours familier,(toujours avec un retour assuré, ce qui exclut l’errance, la quête)  pas à pas.

=récit phrase par phrase comme autant de pas séparés et indépendants- phrases essentielles, dépouillées comme un diaporama

=un récit fluide ou les phrases s’enchainent

6/arrachement, départ

Lectures ; un texte de Louis(éphémère)-Apollinaire » Zones »

Consigne :

Sortez de votre position fixe, de votre itinéraire familier,

Extirpez vous

Sortez, laissez aller

Laisser votre trace

 

Vous avez un jour éphémère pour vous livrer à l’errance, pour aller vers l’autre …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà-

Chacun, bien évidemment peut reprendre, corriger, rectifier, compléter ce travail qui reflète bien me semble t-il, la richesse et la diversité des échanges de ce samedi-

Il est certain que tout ce qui s’y est dit n’y figure pas, que chacun me pardonne omissions et/ou inexactitudes éventuelles-

 

Excellentes fin d’année à tous et à l’année prochaine

 

Danielle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Un court texte la mouche et etc

Sa jambe gauche et son bras gauche sortent des draps. Immobile, il dort, la bouche ouverte, le souffle régulier. La radio grésille encore, le livre est tombé sur le tapis.
Trop tentant, Adrien…

Je veux bien apprendre à être lente. Enfin je voudrais bien apprendre à être lente.
Mais, être là un instant, bref et fulgurant, et ailleurs l’instant d’après, disparaitre  pour réapparaitre, c’est ma vie, ma chance.
Etre lente pour juste, prendre le temps de gouter toutes les choses, toutes les peaux, toutes les odeurs, oui mais … la main… éviter son écrasement soudain…

Toutes, elles fuient, dissimules, recluses : moi, j’aime la nuit. Etre seule…vide…silence…obscurité…
Elles ont peur, moi aussi. Pourtant, seule, je vole, j’explore, je découvre
Ce que je trouve de plus beau, c’est le noir
Ce que je trouve de plus fantastique, c’est la vie furtive
Ce que je trouve de plus magique, c’est l’aube

Une petite chose animée et insignifiante, qui fait trop de bruit quand je m’endors.
Une peste, comme ses sœurs, ses semblables innombrables qu’on dit éphémères, surtout l’été, à l’heure des siestes.
Je ne sais d’où elle vient. Comment a-t-elle surgi ?
Elle se pose, elle s’infiltre, elle s’immisce, elle s’impose, elle envahit, elle m’exaspère.

-J’ai effleuré tes lèvres.
-Et, cela m’a réveillé. Je m’en souviens maintenant.
-A l’instant où tu as bougé, j’ai disparu, comme envolée…
-Pour choisir mon pied, ou plus exactement la courbe de mon talon que tu as descendu jusqu’au centre, là dessous, là où la peau est le plus sensible
-Et, encore une fois, j’ai esquivé ta main, pourtant prompt, avide et exaspérée…

Ne plus entendre ma litanie, mon bourdonnement,
Multipliés à l’infini, mes yeux à facettes…
Ne plus les voir, même pas les deviner
Ce corps noir et verdâtre…
Transformation…..transmutation…

Mes ailes s’étirent
Affinement… élongation…
Maintenant je suis une autre
Une demoiselle
Une libellule qui s’échappe…

Rédigé à la Minoterie, à Marseille-
Trois courts textes du désordre intérieur, un personnage décrit, un dialogue (A/B), puis B parle de A, réunis en un seul texte, en forme de nouvelle.

Personnages nés d’une lecture rapide, en parcours aléatoire d’un ouvrage de Jan FABRE- Recueil de dialogues de théâtre dont : L’arche- Mon corps, mon gentil corps- et
LA MOUCHE ET LE MARCHAND DE SEL



La phrase lecture (à partir du travail avec Claude Fosse)

Quelqu’un en bottes de pluie et en ciré jaune en rencontre d’autres…,
Qui ont faim et soif…
Quelque part… au bord de la mer…au printemps, sous les tilleuls…
Mais jamais…
Personne ne s’écoute vraiment…
Et chacun erre dans ses interrogations personnelles. (Danielle)


Tombée de la nuit. Il fait froid. Ils attendent. Ils ont faim. Ils se racontent, des choses vues, des choses vécues, ils se souviennent, ils rêvassent, ils philosophent. Ils parlent pour ne rien dire. Quelqu’un a oublié son parapluie. (Monia)

Ils ne savent plus ce qu’ils vont faire, pourquoi ils sont là.
Il y a tous ces destins croisés. Chacun porte l’histoire d’un voyage antérieur, intérieur de tous les voyages antérieurs.
Et c’est toujours comme ça au fond. L’histoire ne fait que se répéter un peu différemment à chaque fois.(Florence)

Des personnages dans un bus. Certains se connaissent, certains veulent faire connaissance. D’autres préfèrent rester à l’écart. De toute façon, il fait trop chaud et les vacances c’est toujours pareil. Et à la fin du voyage, c’est toujours la fin. (Dany)



Au parc Grammont

Les brouillons-
Au parc Montceau, j’ai rencontré… (Louis Aragon)

Construire 3 strophes de 4 vers en octosyllabes et à rimes croisées-
Le premier vers reprend toujours l’indication spatiale-

Au parc Grammont, j’ai rencontré
Elancés, forts, intemporels
Cette nuée de fûts arborés
Hautains, s’élançant vers le ciel

Au Parc Grammont, j’ai rencontré
Diffuse et disséminée
Cette foule emmitouflée
Respirant, vite, l’air des nuées

Au Parc Grammont, j’ai rencontré
Chevaux de bois, bassins déserts
Espérant dans l’hiver
Le renouveau qui espère

Cette strophe reprise et corrigée après lecture en groupe=

Au Parc Grammont, j’ai rencontré
En somnolence hivernal
Chevaux de bois, bassins déserts
Avant leur éveil estival

Au parc Grammont, j’ai rencontré
Enfants qui jouent, fantômes lents
Saisons et images en rond
Se promenant parmi les monts

…Au Parc Grammont
 



La longe de porc, façon Volodine…

Selon les propositions de Xavier Garnerin et en suivant l’exemplier…

Kim Lee Hartmann contemplait la longe de porc.

Il songeait, le couteau finement aiguisé à la main, aux autres cochons, entassés dans la soue, éperdus et braillards. Ils avaient vu le sang gicler, entendu leur semblable hurler, sans émotion aucune.

Il effectua, délibérément, trois longues incisions dans la viande rosâtre, unicolore, et la jeta dans l’huile bouillante.

Il se dit, soudain, qu’il aurait préféré, finalement, avoir sous son couteau, d’autres vaincus : une poule dodue, à cuire au pot, ou un de ces pigeons qui pullulent et hantent les villes moribondes et nauséabondes.

Le riz, quant à lui, longuement lavé et égoutté attendait, en vrac dans une antique passoire. Les tomates concassées, ébouillantées à vif, rubescentes, attendaient patiemment sur le coté.

Un disfonctionnement…

Hartmann alluma le feu sous la casserole d’eau. A peine démarrée, la flamme s’éteignit. Le bouton principal manipulé avec brusquerie lui resta dans la main.

Hartmann, debout devant la cuisinière resta là, immobile, un long moment.

Son inexpérience ne lui permettait pas de sauver la préparation, toujours en attente…

Sereinement son MP3 continuait à débiter du Mozart…

L’éclairage chez Volodine…

Face à lui, au dessus des plaques éteintes, le néon fatigué disséquait la longe. Luisantes et écorchées, les tomates renvoyaient sur la viande morne une lueur rougeâtre. Le visage d’hartmann, front blanc, cou rouge, marquait sa perplexité.


Les slogans incongrus….

Ce n’était pas un soir comme tous les autres : les consommateurs ne défilaient pas encore !

« Compte les grains de riz, un par un »

« Imagines ta gastronomie »

« Dors, car qui dort dine ! »

 



Portraits, vous avez dit portraits ?

1/ Jeu des bandelettes= distribution aléatoire d’un texte découpé (veiller dans la découpe à compliquer le lecture- mais on peut aussi la simplifier selon le public de l’atelier)
Qui pense avoir le début du texte ? Et suite.
Choix proposé= incipit de CHEROKEE- Jean ECHENOZ- l’homme…etc- Les choix sont infinis-
Environ 10 minutes

2/ lecture de quelques portraits, par les participants-
Choix proposés= Balzac : le chef d’œuvre inconnu- page 34-
Zola : la mort d’Olivier Bécaille et autres nouvelles –page 95
Daudet : lettres de mon moulin – page 38- page 54-
Pécherot Patrick : les brouillards de la butte-page 22-
Textes imprimés laissés à disposition sur la table-
Infinité de choix possibles-
Environ 10 minutes

3/ incitation à un moment de concentration, voire de méditation légère- laissez venir un rêve éveillé- pensons au nombre de personnes, qui peuvent être autant de personnages, que nous connaissons : nos proches, nos amis, nos relations, etc. Elargir le cercle, les personnages du passé, connus ou inconnus, ceux du futur, pourquoi pas ! Et les personnages imaginaires qui sont un composite de tout cela, parfois étrange, parfois totalement énigmatiques, etc.
Environ 5 minutes

Proposition:

laissez surgir un personnage, acceptez le, laissez le se préciser et
Faites en le portrait.

Environ 30 minutes

Lecture des textes produits (pas de contrainte bien sûr)
Environ 15 minutes

Les propositions qui suivent sont à moduler, en fonction du temps disponible et du temps utilisé à la lecture des textes et aux échanges qui ont surgi. Elles peuvent faire l’objet d’une autre séance. Exemples :
mettre en scène les personnages= un lieu (la ville- un train- une île-etc)
Ils vivent une situation inhabituelle, ou incongrue
A l’expérience, une difficulté surgit= il faut parvenir à faire terminer, à conclure les histoires crées-
Suggestion de Nicole Voltz = 1/Imaginer (un désir secret-une peur- un problème ancien- un manque) irrésolus qu’il va devoir solutionner-
2/noter cette question sur une feuille à part et continuer l’histoire de votre personnage



Elle descend l’escalier en colimaçon. Le bois ancien de la rampe glisse sous ses doigts, elle aime cette douceur satinée. Jamais elle ne porte de gants, ils lui seraient une gène.

La cage d’escalier est sombre, humide l’hiver, étouffante l’été, les fenêtres, toujours fermées, ne donnent que une vague courette sans perspective. Toujours cette marche absente qui découvre l’immensité noire des caves voûtées.

Vite, elle descend vers la rue pavée, au revêtement inégal. Depuis toujours elle sait ou poser ses pieds, si ce n’est depuis sa naissance, il est certain que c’est depuis ses premiers pas.

Elle ajuste son manchon devant sa poitrine, en un geste familier. Comme à chaque fois, la cicatrice frôle la doublure en satin, puis disparaît de sa conscience, en même temps que s’estompe la sensation douce-amère. La vieille brûlure n’a laissé de visible, qu’un petit carré de peau, lisse, tendu, d’un autre rose, presque translucide.

Au bout de la rue, elle hésite. Le coté Sud de la ville lui est une terre promise, que jamais, cependant elle n’a pu explorer. La voie de la liberté dont elle se sent spoliée, peut-être ?

Elle est, malgré elle, portée vers le nord. Perchée sur ses bottines, voilette baissée, elle avance, lestement. Elle dédaigne les premiers fiacres qui la hèlent, préférant respirer, à pleins poumons l’air frais de ce matin d’automne.

Parvenue dans l’avenue, elle se décide pour une calèche à quatre chevaux, et le trot régulier des coursiers la berce, elle laisse sa pensée vagabonder. Le voyage, habituel, la ramène invariablement à la petite.

La petite ! La dénomination est autant chargée d’une ambivalente affection que de dérision.

Elle n’a pas pu oublier cette grosseur monstrueuse qui a déformé son corps, cet effarement, cette stupéfaction qui l’ont envahi, un temps, longtemps. Son corps s’est révolté, elle l’a senti, puis il s’est résigné. Mais, jamais ses seins n’ont consenti à laisser couler le liquide nourricier.

Comme elle s’approche du pont, passés le jardin entouré de buis et la statue qui en émerge, un attroupement, plus loin attire son attention. Le cocher a ralenti l’allure, même les chevaux semblent l’avoir remarqué.

Elle, elle déteste la foule et ses mouvements d’animal fou. Elle hait ceux qui la composent, aveugles, instinctifs, incontrôlables .elle les a vus, remplis de haine, animés d’une vengeance honteuse, lubriques, poursuivre en ricanant la femme tondue et nue qui ne pouvait fuir.

Un ordre au cocher, impératif, sans appel, « fouette cocher ! »

Sous le pont de pierre, le fleuve coule, immuable, large et tranquille. Seuls les tourbillons autour des piles trahissent le courant, dissimulé, puissant et dangereux.

Elle reconnaît maintenant la grande côte. Les bêtes ahanent. Elle peut, tout à loisir, contempler les maisons couvertes de lierre et un peu plus loin, ce mur, immensément haut qui, l’a toujours fasciné. Elle imagine, au-delà de cet obstacle, une forêt, et un jardin, et une roseraie, précédant, qui sait ?, un de ces châteaux de tuffeau dont les fenêtres reflètent un ciel intemporel.

Lentement la montée se poursuit. Parvenue au faîte, elle donne, de nouveau, un ordre bref au cocher, et l’équipage oblique dans une rue moitié ville, moitié campagne : la rue d’une autre naissance.

Spontanément, l’allure se ralentit. Parvenue au jardinet, clos par un petit muret de briques surmonté d’une grille basse, elle fait stopper la calèche.

Une porte s’ouvre, un enfant descend les quelques marches qui mènent au jardin.

Toutes deux se contemplent, puis l’enfant lui tend les bras. Elle porte, rose et presque translucide, une cicatrice au poignet gauche.

Stidama-novembre 2007-

Deuxième texte

L’endroit, décidément lui plaisait. Il y faisait une chaleur idéale, on y était bercé, parfois un peu secoué, nourri à la demande, on pouvait même y entendre de la musique, toutes sortes de musique, et des voix, graves ou aigues, perçantes ou adoucies.

Il était là, comme au spectacle, souriant aux anges. Il savait distinguer le sucré du salé ou de l’amer, de toute façon, il aimait tout, même le mélange des saveurs.

Son esprit, déjà alerte, possédait une phénoménale mémoire. A son gré, il laissait surgir des flots d’images, mais, surtout, il jouissait sans retenue de toutes les sensations qui les accompagnaient. Il n’aurait pu dire lesquelles avaient sa préférence puisqu’il les aimait toutes.

Seule une question le taraudait : pourquoi avait t-il choisi cet antre plutôt qu’un autre ? Là, il se heurtait aux limites extrêmes de sa connaissance. Il était capable de dérouler comme un film ré bobiné à l’envers, l’encyclopédie de l’univers, et celle de son histoire, mais le choix primal, le point zéro, lui glissait entre les doigts, échappant à sa conscience hyper sensible.

D’où venait t-il initialement ? Mystère !

Agacé, il s’en accommodait, se consolant aisément et orgueilleusement, en laissant se dérouler ce flot inouï de connaissances et de sentiments.

D’un espace inter galactique, indéfinissable, il plongeait vers une sphère colorée. Il hésitait un moment, mais ce temps de latence était un comme un jeu : l’embarras du choix, en quelque sorte.

Tantôt, il se décidait pour le bord de mer. Il y voyait des petites tentes de toile rayée, multicolore et des enfants maniant pelles et seaux pour ériger d’éphémères et maladroites constructions de sable, que les vagues emportaient rapidement. Il les voyait rire, et lui-même, par contagion hoquetait, joyeusement.

Tantôt, il laissait émerger des évocations plus puissantes, qui le laissait pantois, un peu troublé.

D’où pouvaient t-elles donc surgir ?

Il voyait s’agiter des personnages dont bizarrement il connaissait toutes les pensées, même les plus secrètes. Mais cette connaissance totale, intime qu’il avait d’eux, était paisible, détachée, indulgente, amusée même parfois, douce, en somme.

Il pouvait les nommer, un par un, et arrêter leur histoire comme bon lui semblait. Ce jour là, par exemple, il s’était longuement attardé devant un couple amoureux, (enfin lui surtout dont le regard était éloquent) dont il affectionnait particulièrement la tenue. Elle, portait une longue jupe de cotonnade (il connaissait même les tissus !) à taille haute et large qui retenait un chemisier bouffant et un chapeau de paille à ruban, qui flottait au vent. Lui, arborait un costume clair, et détail qui le ravissait, une fière moustache légèrement retroussée.

Il savait l’attente, la patience de l’un, la nature trop rêveuse et exigeante de l’autre, et pouvait même, retrouver en lui-même une part de leurs composantes. Le plus incroyable était qu’il vivait, dans le même temps qu’eux ce moment, indicible de leurs vies.

Et d’autres encore. Certains partageaient son existence terrestre, d’autres le renvoyait à des temps non partagés, mais connus, on ne sait d’où. Des campagnes ignorées, des landes, des forêts, des masures imposaient leurs contours. Des hommes et des femmes allaient et venaient, par tous les temps, joyeux ou accablés. Il discernait des tables de fête, et aussi de maigres pitances.

Souvent, il partait dans une campagne humide, remplie d’étangs à grenouilles et à carpes. Il flânait longuement dans les roseaux. La lumière de ces endroits là, était particulière, grisâtre, incertaine, filtrée, surtout en automne. Rien à voir avec cet univers, très coloré qui le cernait.

Il affectionnait particulièrement les bords d’un large fleuve, paisible en apparence mais dont les remous brusques créaient d’inquiétantes spirales d’eau, plongeant vers un fond sableux et mouvant . Il y voyait des pêcheurs, heureux et calmes, avec leurs panières en osier attachées sur la rive. Il savait que l’un d’entre eux était son père, et il savait pourquoi ce pêcheur, souvent malchanceux, trouvait là, la quiétude et le ressourcement.

Il remontait le cours du fleuve jusqu’à une ville dont il connaissait les moindres recoins, les petites ruelles et les larges avenues. Il s’engageait alors dans de longues promenades festives.

Il la voyait se transformer cette ville et, par contre, il n’aimait pas ces changements.

Car même l’avenir lui était accessible. Il parcourait d’autres villes et d’autres climats. Il séjournait, longuement dans une dans une immense cité, dont le passé lui était familier il en aimait profondément l’animation, la vie incessante et multiple.

Les personnages de son futur lui faisaient signes. Il les connaissait bien, ceux là aussi ! D’autres lui-même, mais qui, subrepticement, avec malice, lui faisaient comprendre qu’ils sauraient être différends. Quelle étrangeté !

Il ignorait depuis quel laps de temps il flottait ainsi, et d’ailleurs quelle importance le temps !

Il n’avait nul besoin de le mesurer puisqu’il le possédait en lui même, l’élargissant ou le rapetissant à son gré.

___________

Puis quelque chose, soudainement se produit. Un changement d’abord imperceptible, mais indiscutable, qui se précise progressivement. Il n’a plus la maîtrise des événements. S’imposent des paysages tourmentés, des bruits menaçants, un ciel sombre. Des trains s’ébranlent, des mains s’agitent, des dos se voûtent, un accablement le gagne.

Il voit, nettement, une cohorte de vaincus, chargés de misérables ballots.

Un étau se resserre autour de lui.

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Tout s’apaise maintenant.

Les effluves d’un été, chaud et prometteur, chatouillent ses narines.

Des deux personnages qu’il voit se mouvoir, il ne sait rien, bizarrement. Pourtant il sait qu’il les connaît. Mais son esprit si prévoyant habituellement a tissé comme un voile opaque, et lui refuse l’accès.

Un éblouissement, encore, puis une puissante et violente poussée le chasse de son Eden.

Il ouvre les yeux sur un monde inconnu. Nu et démuni, Il a tout oublié.

Stidama- novembre 2007-



stidama

Stidama

Depuis « le soleil des Scorta » (très) librement inspiré ( pardon Laurent Gaudé !!)

Prendre page 33 (le souvenir de Korni)

Un objet précieux, un objet fragile, un objet ordinaire, un objet aimé ou détesté, un objet enfoui, qui resurgit, tout à trac… Soudain cet objet parle, il me (vous) parle :

« Depuis combien de temps, de mois, d’années suis-je ainsi délaissé ?

Te souviens-tu de mon apparence première ? J’ai été confectionné avec gout, décoré, exhibé et admiré.

Longtemps, j’ai été utile, par ma seule beauté d’abord, par l’usage que chacun pouvait faire de moi, ensuite. Et puis, plus rien, le désamour, le rejet et l’oubli.

Je me morfonds dans l’obscurité depuis cet instant fatal où, sans explication et avec jubilation, on m’a jeté au fond de cette malle. Encore heureux, que j’ai survécu !



Corinne Robet lundi 1er octobre

Stidama-

Quel itinéraire pour arriver dans cette salle ?

Premier repérage un samedi de pluie, Marseille, les bâtiments sont enchevêtrés, labyrinthiques et déserts, j’erre, Marseille

Deuxième exploration un mercredi ensoleillé, même dédale, mais un petit patio accueille mon attente, Marseille

Puis je crois le terrain défriché, Marseille

Las ! Comment retrouver le lieu de la rencontre cet autre mercredi de septembre ? Marseille

Depuis l’itinéraire est balisé, vers un espace qui s’ouvre en cour ombragée et se referme en une pièce claire mais aux vapeurs cérébrales denses et concentrées, Marseille, Marseille, Marseille…



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