Un court texte la mouche et etc

Sa jambe gauche et son bras gauche sortent des draps. Immobile, il dort, la bouche ouverte, le souffle régulier. La radio grésille encore, le livre est tombé sur le tapis.
Trop tentant, Adrien…

Je veux bien apprendre à être lente. Enfin je voudrais bien apprendre à être lente.
Mais, être là un instant, bref et fulgurant, et ailleurs l’instant d’après, disparaitre  pour réapparaitre, c’est ma vie, ma chance.
Etre lente pour juste, prendre le temps de gouter toutes les choses, toutes les peaux, toutes les odeurs, oui mais … la main… éviter son écrasement soudain…

Toutes, elles fuient, dissimules, recluses : moi, j’aime la nuit. Etre seule…vide…silence…obscurité…
Elles ont peur, moi aussi. Pourtant, seule, je vole, j’explore, je découvre
Ce que je trouve de plus beau, c’est le noir
Ce que je trouve de plus fantastique, c’est la vie furtive
Ce que je trouve de plus magique, c’est l’aube

Une petite chose animée et insignifiante, qui fait trop de bruit quand je m’endors.
Une peste, comme ses sœurs, ses semblables innombrables qu’on dit éphémères, surtout l’été, à l’heure des siestes.
Je ne sais d’où elle vient. Comment a-t-elle surgi ?
Elle se pose, elle s’infiltre, elle s’immisce, elle s’impose, elle envahit, elle m’exaspère.

-J’ai effleuré tes lèvres.
-Et, cela m’a réveillé. Je m’en souviens maintenant.
-A l’instant où tu as bougé, j’ai disparu, comme envolée…
-Pour choisir mon pied, ou plus exactement la courbe de mon talon que tu as descendu jusqu’au centre, là dessous, là où la peau est le plus sensible
-Et, encore une fois, j’ai esquivé ta main, pourtant prompt, avide et exaspérée…

Ne plus entendre ma litanie, mon bourdonnement,
Multipliés à l’infini, mes yeux à facettes…
Ne plus les voir, même pas les deviner
Ce corps noir et verdâtre…
Transformation…..transmutation…

Mes ailes s’étirent
Affinement… élongation…
Maintenant je suis une autre
Une demoiselle
Une libellule qui s’échappe…

Rédigé à la Minoterie, à Marseille-
Trois courts textes du désordre intérieur, un personnage décrit, un dialogue (A/B), puis B parle de A, réunis en un seul texte, en forme de nouvelle.

Personnages nés d’une lecture rapide, en parcours aléatoire d’un ouvrage de Jan FABRE- Recueil de dialogues de théâtre dont : L’arche- Mon corps, mon gentil corps- et
LA MOUCHE ET LE MARCHAND DE SEL



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