Mode d’emploi du labyrinthe, construit à partir du matériel et de l’idéél

Bonjour à tous

premier point, qui peut-être vous fera sourire: j’ ai réussi à entrer dans podame!!!!!

Ensuite, histoire de vérifier que tout fonctionne, je communique mon petit texte de mode d’emploi du labyrinthe, construit à partir du matériel et de l’idéél-

Le plâtre ne jouxte pas la plinthe, mais laisse comme une énigme, un espace entre lui et elle.

Jeanne voit cet espace, minuscule au départ, devenir comme un puits sans fond.

L’attirance grandit pour ce mystère, qui est comme une brillance, puis devient une dissimilation… de quelque chose qu’elle ignore mais dont s’empare son imagination.

Jeanne traverse une grille, qui devient une clôture, ,puis elle s’enfonce toujours plus loin dans son labyrinthe. Soudain, un clown lui sourit, au visage emplâtré, grimé en blanc bouffon, il lui indique de poursuivre la route…



Haïkus de Marie-Laure

1 ) louve, je chante au dessus de ta tombe

faux. Au-dessus des fossoyeurs qui arrangent la terre

Embarrassés. Un homme et une femme.

2) Avale le glouglou pour bébé, mamie

je te trompe, feinte, ça dégueule dans mon ventre

Tu ne me diras plus rien

3 ) le grand rideau qui cache le long du mur

la fenêtre qui m’appelle

je dors dans ton lit

4) le portail est une grille

sur les dalles étroites s’éloignent les enfants

ma nouvelle école est un zoo

6 ) le jardin est trop grand pour moi

la tortue y est à l’aise

grillon en cage et escargots lâchés sur la vitrine de la pharmacienne

7 ) mes genoux de chèvre

mes bras d’aigle planant

je mène cette femme par la main

8 ) fond du canal : voitures et cadavres, dit-on

le ruban bleu capte le soleil couchant

Dans mon rétroviseur

9) le noyer seul comme un seigneur / Salomon

les bogues teignent mes doigts

ma mère était-elle heureuse ?

10) rire de grue, gloussement de dinde

elle enchante le petit enfant

qui finit par grincer

Marie-Laure



Il était une fois, un samedi soir…

 


atelierstage4.jpg

atelier stage 3

atelier stage 2

atelierstage5.jpg

atelier du soir 1



HAIKUS DU BOUT DU MONDE

Sifflent grillons verts
Assis sur l’herbe tiède
Des rares oasis.

Lumières vois tissées
Ombres des douloureux visages
Chauffées par la sueur.

Le sable s’accroche
S’incruste disloque et
L’homme têtu bâtit.

Verdure perdue
Dans l’océan du désert
L’eau devient mirage.

Le khôl des femmes
Survit lui aux petites morts
Mais l’oeil fixe levide.
2 décembre 2005

d’Audrey Chapeliere



La pesanteur

Le vent la ferait envoler comme un rien, Ariane. Si elle n’était assise.

C’est son assise qui la scèle au sol. Mais c’est son assise qui la rend mobile. Elle s’applique à être la finesse, â être au bord de la transparence. Evanescente, être fée, être fil. Contrer le fait d’être assise.

Depuis toujours, elle tend à disparaître. Pourtant, on ne voit qu’elle. Est-ce parce qu’elle est assise même quand elle se meut ? Est-ce son corps diaphane dans ce fauteuil massif? Son corps comme une absence de corps.

Depuis toujours, elle voudrait disparaître. Maintenant plus qu’hier, elle voudrait disparaître. Ariane aime Thésée. C’est pour ça qu’elle voudrait disparaître. Disparaître pour qu’il la voie enfin. Envolée. Dans le vent.

Thésée silencieux ne la regarde pas. Ariane a l’habitude qu’on ne la regarde pas. L’habitude qu’on ne voit qu’elle et qu’on détourne les yeux.

Un jour, à force de chercher à rencontrer leurs yeux, à comprendre leur fuite, elle a trouvé un indice. Sur la porte des WC publics. I l y a les toilettes pour les hommes. Il y a les toilettes pour les femmes. Et les toilettes pour les handicapés. Ariane ni homme, ni femme. Ariane réduite à son fauteuil trop grand pour elle, avec ses géantes roues qui ne remplacent pas des yeux amis.

Un jour de plus, Ariane n’a pas mangé, bientôt plus légère que le vent, mais toujours exilée sur le sol au milieu des marchants, sa chaise aux roues de fer l’empêchant de voler.



HAÏKUS SOUVENIRS DE VOYAGES

MAREDI Jean-Jacques

Stage du 15-16 Septembre 2007 Atelier de Corine Robet

DIX HAÏKUS SOUVENIRS DE VOYAGES

1) Denia (Espagne ) , Juillet 2007

Le luxe impersonnel Des grands hôtels sans âme ne tiédirait-il pas

L’implacable beauté du soleil espagnol ?

2) Désert du Wadi Rum ( Jordanie ) , Août 2007

Chaleur , poussière rouge ,

Le devenir d’une famille dans l’éternité de l’instant

Et le désert indifférent qui semble consentir au viol .

3) Faa’a ( Tahiti ) , Août 2000

Partir à Tahiti semblait un rêve fou !

Je suis fou , je l’ai fait…Ne reste que le rêve

De n’avoir pas trouvé ce que j’y ai cherché .

4 ) Ankara , (Turquie ) , Septembre 2004

Que feront-ils de toi , Ankara la Moderne ?

Ancyre était ton nom quand tu faisais rêver

Le chant des muezzins changerait-il de sens ?

5 ) Pamukkale ( Turquie ) , Juillet 1997

Pammukkale aux vasques de calcaire ,

Ton château de coton dont les sources ont tari

Pleure la main de l’homme et sa bêtise avide .

6 ) Capri ( Italie ) , Juillet 1982

Un voyage de noces à l’île de Capri

Pour loger notre amour dans un écrin de nacre …

Comme l’espoir est vif d’y retourner un jour !

7) Iles Marquises , Août 2003

Marquises, Jacques Brel vous avait célébrées .

J’ai prié sur sa tombe et celle de Gauguin

J’entends comme leurs chants la rumeur de vos vagues .

8 ) Iles Fidji , Mars 2004

Fidji, vous êtes loin …Parfois

Je vous confonds dans mes souvenirs troubles

Avec un autre monde . Fidji , vous êtes loin ; restez -y .Vous changeriez sinon !

9 ) Nouvelle – Zélande , Octobre 2003

Quel bonheur , d’étape en étape ,

De découvrir ce grand pays

Et s’y émerveiller ensemble .

10 ) Athènes ( Grèce ) , Août 1982

J’avais tant espéré , attendu de te voir !

J’avais prié Minerve et mes parents ensemble !

Mes enfants , eux , se fichent bien de toi !

Et dix autres haïkus pour approfondir le thème de

la Turquie :

1 ) Etoile et lune blanche sur un ciel de drap rouge ,

C’est toute la Turquie

Qui palpite en mon cœur !

2 ) Le muezzin qui chante , le buffle qui rumine ,

La paysanne au champ , la mendiante qui pleure

Et partout Ataturk comme de son vivant .

3 ) Derviche en robe blanche , danseuse au ventre nu

Mais aux yeux trop fardés,

Et , sur la Corne d’Or , les voiles qui se gonflent …

4 ) Le café dans la tasse où se lit l’avenir

Et la fumée qui sort du narghilé de verre ,

Nuages parfumés dans des airs capricieux …

5 ) Moucharabieh de bois ou dentelles de marbre ,

Les palais , les musées, les mausolées perdus

Sont nus sous les façades au lustre d’autrefois …

6 ) Le tapis qui se tisse sous les doigts des petits ,

Le minaret dressé à la gloire d’Allah…

Tout semble pour le mieux dans le meilleur des mondes .

7 ) Couleurs , clameurs , odeurs ,

Tout à plat , tout m’écrase , m’égraine et m’éparpille

En grouillements de vie .

8 ) Fantômes d’ombre et d’or ,

Silhouettes de femmes courbées par le labeur ,

Ecoutez les rires mâles au sortir des cafés .

9 ) Les infectes odeurs du quartier des tanneurs ,

Les arômes piquants des magasins d’épices…

La Turquie s’apprend aussi par le nez.

10) Des ponts pour relier l’Orient et l’Occident ,

Puis soudain l’intégrisme qui tonne et qui foudroie :

Le progrès avancerait-il en marche arrière ?



Clin d’œil à Francis Ponge

Avant de le mettre en bouche , laissez – le offrir son bouquet . Rouge ou blanc, quelquefois rosé, à travers l’éclat de sa robe , il excitera le palais en lui exposant tout son corps .Un soupçon , un doigt , une larme , surtout de Lacrima Christi , si vous le buvez à la messe ou le vouez à tous les saints pour chanter la Dive Bouteille .

Qu’une goutte libertine saigne sur votre index et vous le paierez très cher , véritable rubis sur l’ongle . Mais , pour troubler la vérité , dionysiaque fille des songes, nul besoin de faire un mensonge ; mettez -lui seulement de l‘eau dans la jaune jatte de marbre à l‘usage des libations !

Jean-Jacques Maredi



Labyrinthe, mode d’emploi

Aux abord du labyrinthe, soyez sans peurs.

Trempez vos mains dans l’encre sombre et laissez-lez courir le long des murs de pierre ponce.

Arrivé dans une impasse du labyrinthe, soyez sans peurs.

Retournez-vous et contemplez avec satisfaction la souillure brune de votre main sur la surface claire du mur. Dites :  » C’est mon oeuvre ! » Puis attrapez le lierre sur le mur et hissez-vous de la force de vos bras.

Au sommet du mur du labyrinthe, soyez sans peurs.

Levez-la tête. Regardez les nuages qui dessinent aujourd’hui et demain. Placez vos mains à l’horizontale et marchez le plus droit. Le mur est étroit. Ne regardez pas en bas, sauf si vous voulez tomber.

Quand vous tombez du labyrinthe, soyez sans peurs.

Non, votre corps n’est pas un traître. Il est lourd. Comme il se doit sur la terre. Il est vôtre. C’est votre corps. Il est vivant et c’est pénible… Il était vivant.

Quand vous vous décomposez au fond du labyrinthe, soyez sans peurs.

On traite chacune de vos cellules pour les rendre au monde. Les vers de terre en connaissent la composition chimique. On vous ramène à la matière pure.



Les Correspondances de Manosque

« Les Correspondances sont nées d’une envie : inventer un événement qui puisse présenter la littérature contemporaine dans toute sa diversité et la transmettre au plus large public. De fait, au fil des ans, ce festival littéraire a renouvelé le genre et fait école à travers des choix innovants : privilégier les exercices de lectures confiés aux auteurs ; solliciter des comédiens et des musiciens pour porter la littérature vers de nouveaux publics ; faire la part belle aux croisements inédits entre le texte et d’autres formes de création ; animer la ville, notamment par des lieux d’écriture, pour s’adresser à tous et afin que chacun se sente légitime… Bref, transformer Manosque durant cinq jours en une véritable scène littéraire. »

http://www.correspondances-manosque.org/ 



Formation à l’animation d’atelier d’écriture

Le site officiel  du D.U. « animation d’atelier d’écriture » de l’Université de Provence

up.univ-mrs.fr/~wffae



12

Littérature de jeunesse thé... |
Les chroniques de Wenceslas... |
Aşk Desem Az Gelir |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | LA PHILO SELON SYLVIE
| Les écrits de Shok Nar
| kantinof